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Mohand-Aârav Bessaoud
Ex-officier de l’ALN, militant de longue date du Mouvement national algérien et membre fondateur de l’Académie berbère, Agraw Imazighen, Bessaoud Mohand Aârav s’est éteint le premier janvier 2001, en début d’après-midi, dans un hôpital londonien, des suites d’une longue maladie. Agé de 78 ans, il est né en 1924 à Tagemmunt n Lejdid, dans la commune de At-Douala. Bessaoud Mohand Aârav a eu un parcours militant et politique aussi atypique qu’iconoclaste.
Des qualités (ou des défauts pour ses contradicteurs) qui font l’“épaisseur” psychologique de l’homme : entier dans ses prises de position qui ne sacrifient rien à la demi-mesure, ni au compromis, affichant tout haut par l’action et le verbe ce qu’il pense et ses convictions. Des convictions qu’il affichera du reste durant son action militante au sein du Mouvement national et dans les rangs de l’ALN où il obtient le grade d’officier et aussi dans une foisonnante littérature, alliant l’essai critique, les mémoires, le roman et la poésie. Imprégné de l’idéologie nationaliste et indépendante de l’Etoile Nord-Africaine (ENA), fondée en 1926 à Paris par un groupe de militants et syndicalistes kabyles (Imach Amar, Si Djillali, Aït Toudert, Bounoune, etc.) et admirateur d’Ali Laïmèche, nationaliste et auteur du célèbre poème Ekker a mmi-s Umazigh, attribué à tort à Ait Amrane Mohand Ou-Yidir, Bessaoud Mohand Aârav délaisse son métier d’instituteur et rejoindra les rangs de l’ALN, dès le déclenchement de la Guerre de Libération en 1954.
En janvier 1955, Krim Belkacem le nomme responsable des liaisons pour la Kabylie et il accède rapidement au grade d’officier. Il activera en Wilaya III (Kabylie) puis dans l’Algérois avant de partir au Maroc. Exilé en France, il crée en 1966, avec un groupe d’intellectuels dont le professeur Mohamed Arkoun, Taos Amrouche et de militants berbéristes, l’Académie berbère, association qui cristallisera les énergies militantes en faveur de la cause identitaire et contribuera à l’éclosion d’une conscience et à l’éveil revendicatif pour la reconnaissance de l’identité et la culture amazighes.
En 1978, les autorités françaises, pressées par Boumediène, contraignirent Bessaoud Mohand Aârav à quitter le territoire français. Il s’installera en Angleterre jusqu’à son retour au pays en 1997, après moult tentatives pour se faire délivrer un passeport. Refusé dans un premier temps, le statut d’ancien combattant lui sera finalement concédé, suite à la constitution d’un comité de soutien (Le CMAB ou Comité Mohand-Aârav Bessaoud. Atteint d’une maladie handicapante (le syndrome de Parkinson) Bessaoud Mohand Aârav fera des séjours répétés et prolongés à l’hôpital.
C’est à Londres, qu’il a rejoint dans le courant de l’été 2001, alors que la Kabylie brûle et des dizaines de jeunes Kabyles étaient déjà tombés, et que des centaines d'autres étaient handicapés, pour la plupart à vie, sous les balles d'une institution de la République Algérienne Démocratique et Populaire, la gendarmerie (voir Le printemps noir de Kabylie), pour des soins, qu’il s’est éteint en début d’après-midi du 1er janvier 2002. Il est enterré, à Aqawej, le 11 janvier, à la veille de Yennayer. Lors de son enterrement, et depuis la veille, des milliers de personnes de tous âges, ont tenu à lui rendre hommage. |
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