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Djurdjura
Djurdjura chante en suivant ses racines, mais avec une recherche constante d’ouverture et de créativité. Ce troisième disque est particulièrement raffiné sur le plan des sons, des rythmes et du traitement mélodique. Mais elle chante aussi contre ses racines, c’est à dire contre le conservatisme qui voudrait nier les contradictions du pays, la dépendance des femmes, l’obligation de l’émigration masculine, etc… De sorte qu’elle ne prétend pas du tout à une carrière maghrébine ou folklorique, mais à un engagement de haut niveau dans ce qu’on appelle la chanson vivante.
Elle le fait avec douceur (« nos mots seront tranchants et aiguisés », chante-t-elle aimablement), ce qui plait au cœur tout en intéressant la conscience. Elle le fait aussi avec une sorte de danse intérieure qui force la main à la tristesse ou au découragement. Son chant, vous l’avez deviné, est imprégné d’amour et de liberté : « La beauté kabyle n’est pas faite pour être cachée » : il rejoint le « chant général » des Neruda de tous pays.
Lucien Nicolas - TELERAMA |
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