Partenaires
- Agence web : création de site Internet Lyon, référencement et graphisme
La littérature franco-kabyle s’est enrichie d’un nouvel ouvrage. L’écrivain kabyle vient de publier « Massinissa ou les derniers jours de Carthage » aux éditions Coulon en France, après « L’or de Jugurtha » (2000) et « Chroniques berbéro-kabyles » (2009).
Qui est Hocine Abdi ? Le parcours de Hocine est atypique, rien ne le prédestinait à l’écriture. Cet enfant d’Aourir en Grande Kabylie qui l’a vu naître en 1947, émigre en France dès son jeune âge où il travaille pendant 20 ans chez Renault. Il s’implique dans les luttes syndicales et active dans le mouvement associatif avant de rentrer en Algérie, où il exerce comme directeur d’un centre de formation professionnel. Juste une parenthèse finalement car 5 ans après, déçu, il repart en France où infatigable il crée son entreprise et co-fonde l’Association Solidarité d’Aourir de France (ASAF) pour venir en aide à la Kabylie.
Chronique qui retrace les faits marquants de l’histoire du peuple numide de l’Afrique du Nord, de l’antiquité à l’invasion arabe. Le combat de Jugurtha contre l’empire romain, puis celui de la Kahina contre l’envahisseur arabe, sont l’objet d’une première partie de l’ouvrage. La deuxième plus conséquente est consacrée à l’occupation turque et surtout française, jusqu’après plus de trois décennies post-indépendance.
Dans cet essai qu’on peut considérer comme socio-historique, l’auteur nous replonge dans l’histoire des Berbères depuis Massinissa. Il présente la Numidie comme un berceau du langage, dont l‘histoire est lié aux empires antiques, qui l’ont influencé et qu’elle a influencé. Une histoire fort tumultueuse aussi, avec tous les envahisseurs qui ont piétiné cette terre berbère. L’auteur veut par cet écrit, convaincre de l’existence d’un peuple dont il faut reconnaître l’existence et l’identité. Une partie de l’ouvrage est consacré à la Kabylie, en ce sens que c’est la région qui a conservé au mieux le patrimoine berbère dont notamment la langue, et qui revendique toujours la reconnaissance de son identité. Tout en rendant hommage à cette région qui à ce jour résiste à sa déculturation programmée par le pouvoir d’Alger, on sent chez Abdi une certaine obstination à sortir la Kabylie de l’isolement dans lequel elle a té confinée. Il va plus loin en faisant l’état des lieux d’une région tiraillée entre tradition et réformisme. Il insiste sur la nécessité pour les Kabyles d’engager des réformes morales, de se pencher sur certaines traditions qui ralentissent son épanouissement, en un mot se rénover sans se renier.
L’auteur kabyle signe un autre ouvrage traitant de la Numidie antique. Il se penche sur ce premier roi amazigh, dont il nous retrace l’histoire de sa naissance à sa mort. Né à l’actuelle frontière algéro-tunisienne à Dougga (Thugga à l’époque) exactement, il arrive au trône pour mener le peuple numide dans ses luttes contre les envahisseurs. Massinissa est présenté comme le plus héroïque des rois numides. Thugga où se trouve un temple de Massinissa et un mausolée bilingue (libyco-punique), est classé patrimoine mondial depuis 1997.
Par Mus
