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Elles sont nombreuses ces femmes algériennes à écrire. Très peu sont connues ou carrément ignorées, sauf de l'autre côté de la méditerranée, où l'on sait reconnaître les talent. C'est le cas d'Assia Djebbar, reniée presque par les siens mais couronnée en France, en siégeant à l'Académie française. Il y a aussi Taous Amrouche, Malika Mokaddem, Rabia Djalti, Djamila Debèche, Safia Kettou, pour ne citer que celles là , à manier avec verve la langue de Molière. Celle qui ose plus briser les tabous, c'est sans contexte Maïssa Bey. Elle se distingue par un style particulier. Avec sa plume et la hargne qui va avec, ses romans attirent de plus en plus de lecteurs.
Maïssa Bey est née en 1950 à ksar El Boulkhari, dans le Titteri. Après des études de lettres françaises à l'université d'Alger, elle enseigne à Sidi Bel Abbés pendant quelques années avant d'être conseillère pédagogique. Tette femme au talent littéraire incontestable, a pris conscience de la nécessite de briser les tabous et de casser le mur du silence, ce mur qui entoure depuis longtemps la femme algérienne. Cette boulimique de la littérature a vite compris, qu'en osant parler de ces choses refoulées, que la société dissimule depuis des lustres, en exposant des sujets crus, elle donne à ces romans un caractère particulier. Elle écrit, comme elle l'a avoué, parce qu'elle ne veut plus se contenter d'être le témoin passif d'une histoire, dont le déroulement violent interpelle toutes les consciences. Dans son roman "au commencement était la mer", elle parle de l'avortement et expose ainsi un fait, non des plus anodins pour la société algérienne. Un sujet qui fâche dans une société, qui refuse de voir la réalité en face et ou la Horma (l'honneur) est un mot d'ordre commun et un concept à ne pas discuter. Pour Maissa Bey «il n'y a pas de frontière dans la littérature ni dans la créativité, je sais que dans notre société, on peut rappeler à l'ordre un auteur, ce qui fait qu'il y a plutôt une autocensure, dés le départ. Pour moi ce qui importe c'est de bien écrire et de bien raconter l'histoire ». L'écriture féminine est selon elle, « un désir créateur qui est le même que celui de nos homologues hommes ». Il y a aussi le désir de dire et de crier tout haut se que tout le monde se murmure tout bas. Cette boulimique de la littérature possède une arme redoutable: la langue française qu'elle considère, comme son homologue Assia Djebbar, comme un plus et qu'avec une autre langue elle n'aurait pu exprimer autant de choses et déclencher des effets similaires. La littérature féminine est pour elle un atout majeur, pour exprimer la souffrance engendrée par les violences auxquelles font face les femmes algériennes au quotidien «Écrire contre la violence du silence, de l’injustice, de l’indifférence et de l’oubli ».
Elle a écrit plusieurs romans, nouvelles, pièces de théâtre et récits dont certains ont été récompensés par des prix.
Par KA.
