la kabylie
Google

La Kabylie
histoire de kabylie
Infos Kabylie
Tizi Ouzou : La ville de Tizi ouzou
Béjaia : La ville de bejaia
Bouira : La ville de bouira
Villages Kabyles : villes kabyles
Personnages Kabyles
JSK : Jeunesse sportive de Kabylie
Forum Kabyle : Kabylie

Livres Kabyles : Kabylie
Poèmes Kabyles : Poésie Kabyle
Caricatures Kabyles
Chaâbi Kabyle
Musique Kabyle
Robes Kabyles
Bijoux Kabyles
coutumes et traditions kabyles
Cuisine Kabyle : Recettes de cuisine Kabyle

Photos de Kabylie
Vidéos de Kabylie
Mp3 de musique Kabyle

Algérie
Médias Algériens
Sites web Algérien
météo Algérie

Annuaire Algérie : Annuaire de sites Alégriens
contacter la-kabylie.com

Wilogo.com - Création Logo Entreprise NRECRUTiC.COM | Emploi Algerie | Offres Emploi

Qu'est-ce qui fait peur à nos gouvernants ?

Peut-on se dire algérien de souche sans être ni arabe ni musulman ? Sacrilège ou perfide, la question (à quatre critères : « algérien », « de souche », « arabe », « musulman ») cache mal un anachronisme : avant d'être l'indigène du colon français, l'Arabe algérien fut lui-même un pied-noir avant la lettre, et eut son propre indigène, le Berbère. Simplifions donc et réduisons la question à trois critères : peut-on se dire algérien de souche sans être musulman ? La yadjouz, décrèteront les nouveaux oulémas ! Et « ça ne passe pas », parce qu'en Algérie, tout citoyen naît musulman, génétiquement musulman. Tel est le premier paradoxe algérien. La religion n'y est pas seulement religion d'Etat : sous le couvert d'une « République démocratique et populaire », et avec des pratiques mafieuses, la religion fait l'Etat. Sans les signes ostentatoires d'une République islamique, mais avec toutes ses tares.

Ce paradoxe, l'Algérie le partage non pas avec l'Arabie Saoudite (une monarchie de droit divin), mais curieusement avec Israël. L'Etat hébreu est un Etat fondamentalement religieux, avec cette vitrine constitutionnelle (régie par le Talmud) qui a fait dire ironiquement à un député arabe israélien : « Israël est un Etat juif et démocratique, c'est vrai : il est démocratique pour les Juifs et juif pour les Arabes. » L'Etat algérien, lui, serait-il donc musulman pour les Arabes et arabe pour les Berbères ? Ici se situe un deuxième paradoxe, mais cette fois chez les militants de l'amazighité qui mettent volontiers sur le compte des « Arabes » non seulement l'oppression millénaire, mais aussi la négation, obsessionnelle, de l'identité berbère. Si cette double accusation n'est pas totalement fausse, elle est historiquement injuste. Pour deux raisons :

1. sur les neuf siècles qui vont de la conquête arabe (fin VIIe) à la conquête turque (fin XVIe), ce sont des dynasties berbères qui ont soit dominé, soit gouverné l'Algérie durant au moins six siècles ; 2. la négation de l'identité berbère, dénoncée inlassablement et bien avant le Printemps de Tizi Ouzou, n'a pu trouver sa ferme expression et sa durée qu'avec la bénédiction, la caution, voire la complicité de nombreux ministres et généraux eux-mêmes d'origine berbère, et ce, sous tous les gouvernements, de l'Indépendance à nos jours.

Que cette connivence soit fustigée régulièrement par une poignée de militants sincères ne change rien à la permanence du phénomène. Cette occultation de la responsabilité « autochtone » (berbère) m'en rappelle une autre : celle qui continue de faire croire aux médias occidentaux que l'islamisme algérien est un fait spécifiquement « arabe », et que l'élément berbère n'en est que la malheureuse victime, alors que l'histoire des deux dernières décennies nous enseigne que non seulement le mouvement intégriste s'est très tôt enraciné dans les régions berbères, surtout kabyles, mais que ses principaux leaders sont bel et bien du cru ! De ce paradoxe-là, la presse comme la classe politique françaises n'en ont cure. Depuis les années 1990, l'opinion publique, même dans sa frange raciste, s'est faite à l'idée que les Kabyles sont, parmi les immigrés, ceux qui posent le moins de problèmes (à l'intégration comme à la naturalisation).

En France, il est vrai, la communauté berbère, la plus dynamique des communautés maghrébines, n'est plus cette classe d'ouvriers et d'« épiciers du coin » qu'elle était voilà deux générations : forte de ses cadres supérieurs, de ses chefs d'entreprise et de ses créateurs, elle investit lentement, mais sûrement les professions libérales. Mais si, naguère, les membres de cette communauté s'affichaient volontiers comme Algériens (et fiers de l'être), nombre d'entre eux, traumatisés par la « honte » islamiste, écurés par cette « gangrène islamarabe » (pour reprendre l'expression de cet internaute berbère raciste, anti-arabe, qui signe « Jugurtha, résistant à l'islam », et s'affirme plus proche du Juif que du « rat du désert »), vont jusqu'à dénigrer carrément leur algérianité pour mettre en avant leur seule origine kabyle, tout en affichant leur sympathie et même leur (af)filiation avec le judéo-christianisme. C'est ainsi, rien de nouveau au royaume décrépi des damnés de la terre. Il faudrait, en effet, un Frantz Fanon pour analyser les pulsions réactionnelles de ces zélateurs qui font du berbéro-berbérisme comme leurs frères ennemis font de l'arabo-islamisme : dans l'intolérance et la détestation. A défaut de Fanon, voici ce qu'en pense l'ami Shlomo Elbaz, universitaire israélien d'origine judéo-berbéro-marocaine : « Un certain militantisme amazigh a tendance à rechercher et à idéaliser les affinités et les signes d'affiliation susceptibles de contrebalancer le poids de l'élément arabo-islamique Il y a une sorte de revanche de la part de cette élite qui, dénigrée, cherche à se réhabiliter (sic) en minimisant ce qu'elle doit à l'environnement culturel dominant (arabo-islamique) et en amplifiant la dette qu'elle pense avoir contractée vis-à-vis d'une autre civilisation (juive), démunie celle-là de toute prétention à l'hégémonie. » (Colloque : « Ports et abords de la Méditerranée », université de Trieste, sept. 1997).

Dédouanés par cette vague assimilationniste, les médias français se sont mis à décliner le particularisme kabyle sur le mode de la distinction (au sens premier comme au sens de Bourdieu). L'exemple le plus récent, et le plus notable, nous est venu de la nomination de M. Aïssa Dermouche, « premier préfet issu de l'immigration », dont personne n'ignore aujourd'hui qu'il est non plus d'origine algérienne, mais d'origine kabyle (comme on dit d'origine corse ou alsacienne : décidément, l'Algérie, c'est encore et toujours un peu la France). Ou de l'art d'accommoder des origines naguère suspectes à la sauce d'une discrimination désormais positive : puisque la République doit à tout prix promouvoir ses citoyens issus de la décolonisation, autant le faire dans la distinction. Comment, dès lors, s'étonner que le Berbère, celui par qui le scandale arrive, d'un côté de la Méditerranée devienne, de l'autre côté de la Méditerranée celui par qui et pour qui le salut arrive ?

Déjà, au XIXe siècle et jusqu'au début de la guerre de Libération (1954), pour semer la zizanie dans la résistance nationale, l'Administration coloniale n'hésitait pas à mettre en exergue la spécificité du Kabyle, « occidentalisable » à souhait, qu'elle opposait à l'Arabe, de nature « inassimilable ». A se demander si l'idée d'un décret « Crémieux », au bénéficie des populations berbères, n'avait pas germé un moment dans les cerveaux de la troisième République. Après tout, l'Algérie ne comptait-elle pas, avant l'invasion arabe, des tribus berbères de confession juive, dont la plus célèbre, les Djeraoua, fut celle de la Kahina, la « Jeanne d'Arc » des Aurès ? Après tout, si l'Arabe sémite est le cousin du Juif, le Berbère, lui, ne fut-il pas un temps son coreligionnaire ? Au siècle d'Ibn Khaldoun (XVe), on avait même soutenu que la patriarchie des Berbères, Jalout, n'était autre que Goliath, le Philistin de la mythologie. Coreligionnaire du Juif, le Berbère fut en d'autres temps, on le sait, celui du Chrétien, à commencer par le plus illustre d'entre eux : le distingué fils de Monique, Augustin d'Hippone. Judaïsé, christianisé et islamisé tour à tour, le Berbère témoigne ainsi d'une extraordinaire universalité, sinon d'une intégrabilité à toute épreuve. C'est assurément ce tempérament qui fait problème aux yeux des orthodoxes de tous bords. Et c'est encore ce tempérament qui trouble nombre d'historiens, pour qui les origines de ce peuple demeurent un mystère, tout comme les origines (et la langue) des Bachquanes (Basques), auxquels d'audacieux doctes n'ont pas hésité à apparenter les Berbères, lesquels seraient les descendants des Basques chassés de la péninsule ibérique par les Wisigoths, quand d'autres les font descendre, notamment de quelque branche cananéenne émigrée en Numidie après la destruction du Temple de Jérusalem.

Avec autant d'accointances confessionnelles ou ethniques, qui se télescopent depuis plus de deux millénaires, il avait bien fallu au peuple berbère une sacrée force de caractère pour avoir survécu à ces innombrables répressions qui jalonnèrent son histoire ! D'où la question qui se pose - à quelques semaines de l'élection présidentielle qui verra s'affronter un « imprévisible autocrate », d'improbables démocrates, quelques caciques sur le retour, et puis une lutteuse de classe (oui, une femme candidate à la magistrature suprême, ô étonnante, toujours, étonnante Algérie !), fille légitime, la seule de Novembre et de la révolution permanente ! -, d'où la question : qu'est-ce qui, dans une reconnaissance officielle et conséquente de l'antériorité berbère, de la légitimité berbère, de la langue berbère, qu'est-ce qui fait donc si peur à nos gouvernants ?

Quel que soit le malheureux élu (e ?) qui s'engagera, on n'en doute pas, à délivrer le pays de l'excroissance mafieuse, du marasme et de l'injustice sociale, celui-là ne doit pas oublier qu'il sera, moins de sept mois après son élection, le Président du cinquantième anniversaire du 1er Novembre 1954. Ce jour-là, il lui faudra bien répondre, devant les mânes des « martyrs de la Révolution » (dont on connaît la part endurée par la Kabylie et les Aurès), du bilan désastreux de quatre décennies d'indépendance.

Culture du mépris ou autisme politique, disions-nous. Et si ce n'était qu'une amnésie rétrograde généralisée ? Qui se souvient donc de ce cri pathétique du non moins pathétique Ben Bella : « Nous sommes arabes, arabes, arabes ! » ? C'était voilà quarante ans. Ainsi, au nom d'une fantasmatique nation, et au mépris de millions de nos compatriotes de Kabylie, des Aurès, du M'zab, du Tassili et du Hoggar, étions-nous devenus des générations spontanées d'Arabes, d'Arabes, d'Arabes ? La formule, on le sait, s'inspirait du triptyque de sinistre augure des Oulémas : « L'Algérie est mon pays ; l'arabe ma langue ; l'islam ma religion. » Et nous avions laissé dire et faire. Au prix d'une schizophrénie collective effroyable (qui nous vaut aujourd'hui une régression affligeante, avec ce recours à de féodaux parrainages : zaouïas, ici ; aârouch, ailleurs) Ah ! que n'avions-nous entendu la leçon de cet Algérien de souche nommé Jean ! Jean Amrouche, qui, visionnaire nous prévenait déjà, à la veille de l'Indépendance (qu'il ne verra pas) : « Une Algérie spécifiquement arabe provoquerait le même malaise ontologique que celui suscité par la fiction de l'Algérie française » ! L'homme avait vu juste, mais c'était un poète, et il avait sans doute le goût de l'euphémisme, sinon de la pudeur : « Malaise », disait-il. Comme si, par sa retenue, Jean voulait exorciser le sort que d'autres cherchaient déjà à régler. Le sort de la question berbère.

Le Matin 23/03/2004 (hommage)

Folk jura musique traditionelle bled chipa




Algérie femme | Algérie actualité | Anzar | wilayas d'Algérie | Notre Cuisine | Cuisine Algerienne | Conseils de beauté | Musique rai
Décoration | Kamel Messaoudi | Hachemi Guerouabi | Forum Algerie | Villes d'Algerie | Musique Algérienne | Mariage Kabyle
Forum Femme | Skyblog | Femme Kabyle | Amour | Cheikha Rimitti | Mestoui wahiba | Aokas | Yenoo

Powered by la-kabylie.com © 2006-2007