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Le théâtre régional Kateb Yacine de Tizi Ouzou a connu une animation particulière, et une affluence importante durant ces vacances d’hiver, à l’occasion de la tenue des journées théâtrales d’expression amazigh organisées annuellement.
Comme à l’accoutumée, l’association culturelle « Amzgun N’Djerdjer » d’Aït Bouaddou (Ouadhia) a été à la hauteur de l’événement. Sa collaboration avec la direction de la culture, et le théâtre régional a indéniablement contribué au succès de cet événement théâtral.
Cette 10ème édition a été mise à profit pour rendre hommage à Omar Fettmouche, l’enfant d’Aïth Yahia Moussa. Actuel directeur du théâtre régional Malek Bouguermouh de Béjaïa, le comédien et dramaturge mérite bien cet hommage. Omar a contribué dans une large mesure à la relance du théâtre d’expression kabyle, prenant ainsi le relais des regrettés Malek Bouguermouh, Abdallah Mohya dit Muhend Uyahya et de biens d’autres. De ses œuvres en tant que dramaturge, on retiendra notamment l’adaptation osée et la mise en scène du roman « Le fleuve détourné » de Rachid Mimouni. Grâce au travail de personnes comme Omar, aujourd’hui la Kabylie compte des dizaines de troupes, qui activent pour relever le niveau, pour la renaissance du 4ème art kabyle. Des pièces en kabyle sont même jouées à Montréal, New York pour le bonheur des communautés berbérophones du Canada et des Etats Unis. On citera « Tidak n Nna Fa » (les vérités de Nna Fa) d’Arab Sekhi, « Qui viendra fleurir ma tombe ? » « Les Larmes de l'Aube » de Karim Akouche.
Une semaine durant, des troupes venues de plusieurs horizons, ont défilé sur les planches du théâtre, pour gratifier le public de leurs nouvelles productions. Ainsi l’association culturelle de Taourirt Mokrane de Larbâa Nath Irathen s’est distinguée par le présentation de « Tayri di Timest » (l’amour en feu). La maison de jeunes de Ouacifs est venue avec la pièce «Azzeta n Twenziwin»(le tissage des abeilles). La troupe Tilleli de l’école régionale des beaux-arts de Barbacha (Béjaïa) a présenté «Asuki I Gugilen» (la tombe des orphelins). Numidia, association culturelle d’Oran était représentée par la pièce «Ccix l Kanoun» (j’ai mangé le kanoun). Numidia d’Alger de son côté est venue avec «Délais de voyage», alors que l’association Itran de Tizi Ouzou a présenté «Tilleli d Muhand» (la rencontre avec Mohand). « Urghay Mutagh » (j’ai rêvé d’être mort) a été présenté par le théâtre régional de Bejaïa. L’ Aurès était présent par l’association culturelle Ighlillen de Batna, avec la pièce intitulée «Tilleli» (La rencontre).
Une satisfaction pour les organisateurs, le public composé essentiellement de jeunes, était plus nombreux que lors des éditions précédentes. Preuve de l’intérêt grandissant pour le 4ème art, dans un désert culturel algérien des plus arides. La fréquence des représentations a fini par payer, donnant ainsi le goût de cet art et spectacle à la jeunesse. Quand on sait le rôle qu’il peut jouer dans l’éducation, l’éveil et la prise de conscience, on ne peut que s’en réjouir. La banderole accrochée à l’entrée du théâtre « Donne-moi du théâtre, je te donnerai une vraie nation » résume tout. Enfin la grande salle de la maison de la culture Mouloud Mammeri a abrité ce mardi 27 décembre 2011 la cérémonie de clôture, et la remise des prix et cadeaux aux participants à cette rencontre culturelle.
Notons que la semaine qui a précédé ces journées théâtrales, le théâtre régional Kateb Yacine a ouvert ses portes pour « Un théâtre spécial enfant ». L’occasion pour les écoliers de meubler utilement leur temps, durant la première semaine des vacances d’hiver, de sortir du quotidien quelque peu morose. Avec un total de huit pièces de théâtre présentées par le théâtre national algérien (TNA), le théâtre régional de Béjaïa, Sétif, Oran etc, les petits accompagnés de leurs parents ont en eu pour leur compte.
Pour rappel, le théâtre d’expression amazigh a son festival national, qui se déroule annuellement à Batna. Sa 3ème édition s’est tenue à la mi-décembre, et a vu une participation record de troupes venues de Tizi Ouzou, Béjaïa, Boumerdes, Ghardaïa, Tamanrasset, Ouargla, Sétif, Oran, Oum El Bouaghi, et du TNA. Le nombreux public et le jury ont eu à apprécier une vingtaine de pièces et monologues. L’association culturelle des arts dramatiques de Tamanrasset, a remporté le prix de la meilleure représentation théâtrale avec la pièce « Az’d ». Le prix de la meilleure mise en scène a été décerné à Ahmed Khoudi du TNA pour « Am Win Yetsrajun Rebbi » (comme celui qui attend Dieu). Notons que le jury a attribué également des prix pour le meilleur texte, pour la meilleure interprétation féminine et masculine, ainsi que pour les meilleurs seconds rôles masculins et féminins. Le théâtre régional de Batna, selon son directeur, ambitionne de donner au théâtre amazigh une dimension universelle. Pour commencer il faudrait peut-être déjà donner une dimension internationale au festival, en invitant nos frères du Maroc, de Libye et d’ailleurs.
Par Mus



