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La maison de la culture Mouloud Mammeri de Tizi Ouzou a abrité le 1 et 2 octobre 2011, les journées d’études sur la Kahina.
C’est la 7ème rencontre du genre sur cette femme à Khenchela et Tizi Ouzou. L'âme de la reine-rebelle a planée sur Tizi Ouzou, fière d'une ville à l'avant-garde du combat qu'elle a commencé elle-même sans l'achever, il y a plus de 1300 ans.
La Kahina, de son vrai nom Dyhia (belle gazelle car elle était d’une rare beauté), est née vers 660 après J-C dans la tribu Djeraoua, qui professait comme la majorité des berbères à l’époque le Judaïsme. A la mort de son père le roi Aksel, qui avait combattu les Arabes à Kairouan, elle prend la relève pour devenir la première reine Amazigh. Elle tente une première réunification des tribus berbères d’Afrique du Nord, en les appelant à se joindre à elle pour combattre l’envahisseur arabe. A la tête de cette armée unifiée, elle repousse les hordes de Hassan Ibn Naaman, qui vaincu se retranche en Libye 4 ans durant, pour attendre les renforts de l’Orient arabe. Fort d’une armée de plus de 40 000 hommes bien armés, Hassan entrepris de nouveau de conquérir l’Afrique du Nord. Dyhia mourut les armes à la main en 702 après J-C près de Tebessa, après avoir défait deux fois l’ennemi.
Cette héroïne de la résistance populaire a été totalement ignorée depuis l’indépendance par le pouvoir d’Alger, les baathistes et autres islamo-conservateurs. Ceux là même qui ont décidé que nous étions des Arabes, ne pouvaient réhabiliter une femme qui a combattu les Arabes, et qui de plus confessait le judaïsme et le christianisme. Ils ont dès lors décrété l’omerta sur cette femme, comme d’ailleurs sur bien d’autres hommes et femmes qui ont fait notre histoire. Même la statue érigée à Khenchela en 2003 dérange. Athmane Saâdi le président de l’ « Association de défense de la langue arabe » (comme si l’arabe avait besoin d’être défendu dans un état qui se dit arabe et a tout arabisé), a déclaré il y a quelque temps que la construction d’une telle statue est un acte « kofr » (apostasique) du fait que « La Kahina est morte en combattant l’Islam et les Musulmans… ». Et de préconiser qu’elle soit détruite. A croire que la seule présence de cette statut le hantait, comme si elle pouvait soudainement se transformer en la vraie, et demander des comptes pour déni identitaire à ceux qui ont falsifié notre histoire.
L’Association Culturelle et Scientifique de Khenchela (ACSK), et l’Association Si M’Hand ou M’Hand de Tizi Ouzou, ne tarissent pas d’efforts pour réhabiliter cette femme et par conséquent notre histoire. Plusieurs rencontres ont déjà été organisées pour lever le voile sur la reine, et mieux la connaître. La rencontre de Tizi Ouzou a été riche en enseignements, grâce à l’apport de plusieurs conférenciers. Le hall de la maison de la culture a abrité des expositions de photographies, de livres, articles de presse, alors que le petit théâtre des conférences-débats.
L’après-midi s’est déroulée la projection-débat du film documentaire « La Kahina, reine Amazigh » de Hafid Belache, animé par Mohand Zerdoum.
Le deuxième jour ont été tenu deux autres conférences :
La troupe musicale de l’ACSK et celle de danse Ithran n’da l’Mulud de la maison de la culture de Tizi Ouzou, ont clôturé dans une ambiance festive ces deux journées d’études.
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Par Mus
