Partenaires
- Agence web : création de site Internet Lyon, référencement et graphisme
Les manifestations tels que fête du bijou d'Ath Yenni, de la poterie de Maatakas, du tapis d'Ath Hichem servent-elles aujourd'hui vraiment l'artisanat? Pas si sur pour ceux qui suivent régulièrement ces événements censés relancer l'activité artisanale, reflet de notre identité et créatrice d'emplois.
Il suffit de faire un tour à la maison de l'artisanat de Tizi Ouzou, pour constater que la poterie kabyle est de plus en plus étouffée par des produits venus de Tunisie et du Maroc. On se croirait dans les souks de ces pays. Quel est donc la raison d'être de ce lieu si ce n'est de promouvoir l'artisanat local ? Il est impératif que les responsables de l'artisanat de la wilaya intervienne pour qu'il retrouve sa vacation d'antan, être au service des artisans kabyles, écouler leurs produits, être une vitrine des produits du terroir de la région.
Le 2ème festival culturel local de la poterie de Maatkas vient de s'achever, un événement annuel qui permet à cette contrée de sortir de sa léthargie et à la population de rompre avec la monotonie du quotidien. En plus de l'exposition des produits par des artisans venus de huit wilaya du pays dont Naama, Sétif, Béjaïa, Boumerdes…deux communications ont été données. La première qui concerne les techniques de décoration par Mme Amamra et Mr Dahmani, la seconde qui concerne la création de micro entreprises dans le cadre du dispositif ANSEJ par Mme Iamrach Melha. Parallèlement les jeunes ont été conviés à des ateliers de travail de l'argile, animés par des anciennes potières. Le but est de leur faire découvrir cet art et s'initier aux métiers de l'argile, et s'imprégner des symboles décoratifs de la poterie kabyle qui remontent à la préhistoire et qui sont à l'origine des écritures alphabétiques méditerranéennes dont Tifinagh. L'animation qui régnait dans cet atelier avec tous ces enfants, était surement l'attraction de ce festival. En faisant le tour de l'exposition un constat s'est imposé, il est urgent de mettre en place un plan de sauvetage de la poterie kabyle.
Pour rappel avant 2010, cet événement s'appelait "La fête de la poterie" et était organisé par des associations de la ville. Depuis 2010 la direction de la culture de Tizi Ouzou s'en est emparée pour en faire un festival. Ce qui n' pas manqué de faire réagir les dites associations qui depuis boycottent l'événement, qui connaît d'ailleurs moins d'engouement. M. Dendani Saïd, un élu à l’APC de Maâtkas, a dans une lettre ouverte dressé un long réquisitoire contre le commissaire du festival à qui il a reproché le mépris à l'égard du comité de village et des associations. On y lit notamment " «Ce festival aurait dû être organisé par les associations culturelles comme promis l’an dernier. Mais la course aux postes rémunérés a prévalu. Le travail collégial pour faire de cet événement non un festin bal comme c’est le cas, mais un fer de lance pour sortir de l’ombre notre localité et notre savoir-faire ancestral». A ceux qu'ils considèrent comme des usurpateurs, il a également reproché de ne s'intéresser juste qu'à l'événement ponctuel et de ne rien faire pour la construction d’un centre de formation et d’une auberge, et la création d’un marché de la poterie à Maâtkas, programmés depuis des années.
Notons enfin que lors de la cérémonie de clôture Ould Ali El Hadi, le directeur de la culture de la wilaya a annoncé la réalisation d’un musée régional des arts à Tizi Ouzou.
Organisée par le comité des fêtes d'Ath Yenni, la 6ème édition de la fête du bijou de son coté, qui se tient du 16 au 22 juillet, a accueilli une soixantaine d'exposants dont une quarantaine de la région. Adrar et Tamanrasset étaient également présents avec leurs bijoux. D'autres wilaya telles que celles de Sétif, Ouargla, Djelfa et Ghardaïa sont venu étaler leurs produits artisanaux.
Le bijou kabyle qui a connu un succès grandissant vit des heures difficiles. Le prix de l'argent et du corail risquent de lui être fort préjudiciable, et peut-être même lui être fatal. Là encore sévit une mafia qui a mis main basse sur le corail et l'argent. Le réseau officiel ne fournit aux bijoutiers qu'une infime partie de leurs besoins. Pour le reste ils sont condamnés à avoir recours au marché parallèle, et les payer deux à trois fois plus chers. Ce qui a fait dire à un artisan :"Qu’on nous facilite juste l’approvisionnement et qu’on nous laisse travailler…" Un constat s'impose, il y a moins d'engouement pour cette fête à cause justement des prix affichés, et dont la responsabilité incombe à l'Etat selon les artisans.
Notons enfin que la robe kabyle et la poterie d’Ath Khir étaient fortement représentées durant cette fête.
Par Mus




