Partenaires
- Agence web : création de site Internet Lyon, référencement et graphisme
Cela fait 19 ans, oui 19ans déjà que Mohamed Boudiaf a été lâchement assassiné, en direct à la télévision algérienne.
Mohamed Boudiaf était à la maison de la culture d’Annaba pour parler de l’Algérie et de ce qu’il envisageait pour ce pays qu’il chérissait sans aucun doute. Sinon pourquoi connaissant les risques qu’il encourait, a-t-il accepté de revenir pour prendre en main cette Algérie au moment où elle vacillait, à un moment sombre de son histoire post indépendance ? Sinon comment n’a-t-il pas résisté à l’appel de la patrie, connaissant de quoi est capable le pouvoir algérien ? Il a pris le risque, ce qu’on peut considérer aujourd’hui comme un sacrifice.
Mohamed Boudiaf, l’un des fondateurs du FLN fut forcé à l’exile au lendemain de l’indépendance, parce qu’il n’était pas d’accord avec ceux qui s’étaient accaparés le pouvoir (le clan d’Oujda). Au Maroc où il s’est installé, il créa le Parti Révolutionnaire Socialiste (PRS) qu’il dissoudra à la mort de Boumediene. Après 29 ans d'exil il a accepté donc de rentrer au pays, en six mois il gagne la confiance des Algériens, et réussit à leur redonner espoir. Plus que ça, en s’adressant aux Algériens en algérien, en leur parlant franchement directement, ils l’ont adopté et s’est fait aimé très vite. Pour les hommes du sérail cet homme était dangereux ; le 29 juin 1992 ils s’en sont débarrassés. S’en suivra l’assassinat de quelques uns des meilleurs enfants que l'Algérie ait enfantés : Tahar Djaout, Boucebsi, Liabes, Fethallah, Mekbel… pour ne citer que ceux là, pour décerveler le pays. S’en suivra la décennie noire qui a vu l’assassinat de milliers d’hommes, de femmes et d’enfants, souvent sauvagement, pour terroriser le peuple. Même Matoub n’y a pas échappé, lui qui dans une de ses chansons fort émouvante (Hymne à Boudiaf) a rendu hommage à Mohamed Boudiaf ; puis aux intellectuels assassinés (Kenza) par le pouvoir, au nom des extrémistes islamistes.
Depuis, on cultive l’amnésie générale sur ce crime odieux. Pas un mot dans la presse et les autres médias du pouvoir. Pas une déclaration ni recueillement de la fondation qui porte le nom de Mohamed Boudiaf, de l’Organisation Nationale des Moudjahidine ses compagnons d’armes, du ministère des anciens moudjahidines, encore plus grave du Front de Libération Nationale dont il est le principal fondateur. Rien non plus du côté d’El Mouradia… « De quoi ont t-ils peurs ? Qu’il se lève pour un second 1er novembre ?... » dixit Nacer Boudiaf son fils, lors d’un recueillement sur la tombe du défunt, où tous ces gens ont brillé par leur absence. Non Nacer, c’est la conscience, ils ne l’ont pas tranquille, parce qu’ils se sont comportés comme des lâches, en se taisant sur la version officielle mettant le crime sur le compte d’un acte isolé. Il faut croire qu’elles les rongent, c’est pourquoi ils se taisent, ils n’osent même pas se monter devant lui, même mort. Sait-on jamais il pourrait surgir de sa tombe.
Par Mus
