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La maison de la culture Mouloud Mammeri a rendu hommage à Aïcha Haddad et Hocine Haroun, à l’occasion de la tenue du 5ème salon des arts plastiques du Djurdjura.
Aït Mohamed de Batna, Ouali Yamina et Imerzouken Baya de Tizi Ouzou, Bouhali Salim de Biskra, Rahmani Sihem d’Aï, Defla, Sid Abderrahman Souad de Constantine, Abdellaoui Mourad d’Oum El Bouaghi, Ghezali Rabah d’Oran, Henna Rabah et Ouchène Smaïl de Tizi Ouzou et bien d'autres ont pris part a cet événement annuel.
Ce salon qui s’est tenu une semaine durant, a vu une exposition permanente d’œuvres de ces artistes peintres, d’une qualité indéniable pour certaines. Au petit théâtre le public a pu découvrir la vie et le parcours artistique d’Aïcha Haddad et Hocine Haroun à travers deux films documentaires. De son côté le peintre Sâad Eddine Lazhari de Djelfa, a fait une démonstration artistique « show painting », alors que les étudiants de l’Ecole Régionale des Beaux Arts d’Azaga étaient à la Maison de l’Artisanat pour réaliser une fresque. Laroussi Abdelhamid, Secrétaire Général de l’Union Nationale des Arts Culturels (UNAC), a tenu une conférence sous le thème « Arts Plastiques en Algérie : contrainte et espoirs », dans laquelle il a fait le point sur la situation qui prévaut dans le domaine.
Artiste peintre plasticienne, Aïcha Haddad est née en 1937 à Bordj Bou Arreridj (Petite Kabylie). Très jeune elle s’intéresse au dessein mis ne peut exercer sa passion qu’à la fin de la guerre. Son séjour à la société des Beaux-Arts d’Alger, lui permet d’affiner ses qualités artistiques, et en 1972 la galerie des Quatre-colonnes la révèle au grand public. Elle est avec Souhila Belbahar et Baya Mahieddine, doyenne de cet art en Algérie. Parallèlement elle enseigne le dessein au lycée, avant d’être nommée inspectrice de cette discipline. Aïcha expose dans plusieurs pays du monde. Dès 1972, elle est distinguée par la Ville d’Alger avec un premier prix, suivi d’un autre décerné par l’UNESCO. Pour son œuvre et son engagement, l’Etablissement Arts et Cultures d’Alger institue un prix portant son nom, destiné à récompenser la meilleure œuvre féminine, en 2003 ; soit deux ans avant sa mort suite à une longue maladie. Son œuvre la plus importante reste « Les noubas ».
Née en 1961 à Ath Bouadou en Haute Kabylie, Hocine Haroun est tout à la fois peintre, écrivain, dramaturge et même musiciens. Il expose pour le première fois au collège, où il était scolarisé, et écrit son premier roman « Le roseau sentimental », qui ne sera publié qu’en 1980. Il expose une seconde fois au lycée en 1976, alors qu’il n’avait que 15ans. Il rentre à l’Ecole Nationale des Beaux-Arts d’Alger en 1977. Tout en exerçant ses talents de peintre, il fonde un groupe avec lequel il enregistra l’album « Oh Lynda », et écrit plusieurs pièces théâtrales « Mezghenna », « L’obole et la rumeur », « Acengou », « Dialogue de sourds ». C’est en 1997 qu’il attire l’attention lors d’une exposition à la maison de la culture. L’une de ses toiles « Marche des artistes », où l’on peut reconnaître Feraoun, Mammeri, Kateb, Matoub, Aït Menguellat et autres hommes de culture de Kabylie, est particulièrement bien accueilli par le public. Actuellement il s’active à réaliser 23 portraits d’hommes de culture décédés de la région, commandés par la wilaya. Ils seront accrochés, en hommage, à un mur en construction à Tizi Ouzou.
Par Mus


