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Les autorités d’Alger auraient manipulé des Algérois pour « défendre leur ville contre les casseurs », comme cela s’est passé un certain 14 juin 2001, lors de la grande marche des Kabyles sur Alger.
La télévision algérienne ne cesse de montrer des citoyens d’Alger, qui déclarent ne pas vouloir de marcheurs dans leur ville (comme si Alger n’appartenait pas à tous les Algériens), et qu’ils s’opposeront aux manifestants. Notre unique télévision sait bien faire, quand il s’agit de préparer l’opinion à des sales coups du pouvoir, et les mettre sur le dos des autres.
Pendant ce temps l’alliance présidentielle se réunissait, et le premier ministre s’est montré offusqué par l’attitude de l’occident, qu’il qualifie d’ingérence dans les affaires internes du pays. « Silence on tabasse, on arrête, on tue même… », Voilà ce qu’il souhaite peut-être. A l’issue donc de la réunion, Ouyahia a annoncé qu’il y aura « d’importantes décisions dans les jours à venir ». Tout en faisant des gestes d’apaisement (levée de l’état d’urgence avant fin février, train de réformes et mesures socio-économiques), le pouvoir prépare une loi anti-terroriste qui sera peut-être pire que l’état d’urgence. Et puis comment est-ce possible, que ce qui n’a pas été fait pendant 50 ans, puisse l’être en quelques semaines ? La magie du pouvoir algérien va-t-elle encore opérer, au pays des miracles ! Et puis pourquoi avoir attendu toute ces années pour le faire? Si c’est faisable, cela ne signifierait-il pas qu’il y avait volonté délibérée d’appauvrir le peuple ?
Malgré les appels des grands de ce monde à de la retenue, le pouvoir s’enferme dans la logique qui a toujours été la sienne, réprimer toute contestation. La marche de ce 19 février est interdite. On verra peut-être moins de policiers en tenue ce samedi, on verra peut-être comme au Caire des citoyens s’affronter, et bonjour les dégâts. La télévision d’Etat sera encore là, pour montrer au monde des images qui ne sont en faite que celle d’un scénario. Le pouvoir aura de quoi justifier l’interdiction de la marche, et demain sera un autre jour.
Au moment où plusieurs capitales (Tripoli, Sanaa, Manama…) sont en effervescence, il y aurait eu des tractations secrètes entre Rabat et Alger. Solidarité oblige, quand il s’agit de sauver leurs régimes. Le palais royal a appelé celui d’El Mouradia « à saisir cette occasion unique pour tourner la page des querelles du passé». Mohamed VI va plus loin, il propose l’autonomie pour le Sahara Occidental, dans le cadre d’une souveraineté marocaine. Voilà une réconciliation qui pointe à l’horizon, dans les moments difficiles il faut se serrer les coudes, il faut consentir des sacrifices. Voilà ce qu’il est convenu d’appeler une diversion. Rien d’étonnant si Alger et Rabat annoncent dans les prochains jours, la réouverture de la frontière Algéro-Marocaine, et d’autres mesures, de quoi nourrir les sujets de discussion. Les deux pouvoirs ont tout à y gagner.
Par A.Z
