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Louisa Hanoun pourtant secrétaire générale d’un parti qui se dit « Parti des travailleurs, de l’opposition en plus, est-elle devenu l’avocate de notre président ? « Bouteflika n’est ni Ben Ali ni Moubarak, a t-elle déclaré après la marche du 12 février 2011.
Tout à fait, une personne n’est jamais identique à une autre, c’est une évidence. Mais cela n’exclut pas que des personnes aient des points communs, et dans ce cas de figure il y en a une de taille : leur soif de pouvoir, celui de croire qu’ils sont des messies, irremplaçable jusqu’à garder le pouvoir à vie, et même chercher à le transmettre par filiation. Tout comme Ben Ali avant lui, il a bien, sans référendum juste comme une lettre à la poste à l’assemblée nationale (qui n’a d’ailleurs rien de populaire), supprimé l’article qui limite le nombre de mandats à deux.
Moubarak est au pouvoir depuis 30ans, et ne serait-ce la révolte du peuple Egyptien, c’est son fils qui devait lui succéder en septembre (il est trop vieux pour continuer). Du côté d’El Mouradia, on préparerait la succession de Bouteflika (qui ne peut plus aller plus loin pour des raisons de santé), en la personne de son frère. S’il n’est pas déjà le patron de la présidence ? Ne serait-ce sa maladie Bouteflika aurait aimé rester longtemps au pouvoir, sinon pourquoi amender la constitution ? Autre point commun tout comme ses compères, Bouteflika méprise le peuple, comme pour le culpabiliser, et quoi qu’il arrive il n’a en vouloir qu’à lui-même. Et ceci est commun à tous les dictateurs. Notre président s’est quelque peu ramolli à cause de son état de santé.
Autre chose, lors de la marche, les manifestants n’ont pas ciblé Bouteflika spécialement. Ils réclament un changement de système, c’est à dire que tous ils doivent partir, même ceux qui sont dans l’ombre et tirent les ficelles. Tous les Algériens le savent, nous avons eu des changements à la tête de l’Etat, mais ça ne nous a avancé à rien. Le régime est resté le même, le changement n’a té que de façade, pour faire croire à un Etat démocratique. Zeroual a refusé d’être la marionnette d’un système, il a démissionné.
Medelci le ministre des affaires étrangères quant à lui, est allé s’exprimer à la radio française, au lieu de s’adresser au peuple algérien. En rappelant que l’état d’urgence sera incessamment levé et l’Etat de droit rétabli, il a affirmé que « l’Algérie n’est ni la Tunisie ni l’Egypte ». Il est clair que notre ministre s’adresse à l’Occident, surtout après les mises en garde à l’adresse du pouvoir d’Alger, sur ses méthodes répressives, et l’interdiction au peuple de s’exprimer pacifiquement. Medelci a bien raison de dire que l’Algérie n’est pas la Tunisie ni L’Egypte. Et ça tout le monde le sait. L’Algérie dispose d’une énorme manne pétrolière, le peuple a donc plus de raison de se révolter, que celui de Tunisie ou d’Egypte. « L’Algérie est un pays riche avec un peuple pauvre » dit-on ... Il est en droit d’exiger que la rentre pétrolière profite à tous. Sur ce plan il n’y a aucune comparaison possible avec ces deux autres pays, c’est vrai, qui comptent surtout sur le tourisme. Notre ministre des affaires étrangères parle de « retour de l’Etat de droit ». Depuis quand l’Algérie a t-il été un Etat de droit ? De qui veut donc se moquer notre ministre ? Ce genre de propos traduit bien l’absence d’arguments crédibles, et l’embarras pour ne pas dire la panique qui s’est emparé du pouvoir algérien, face aux événements qui secouent les régimes autoritaires, et les mises en garde de l’Occident.
Par Mus
