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L’appel à une autre marche le samedi 19 février en Algérie a été lancé ce dimanche, à l’issue d’une réunion d’évaluation de la coordination. La CNCD veut mettre la pression, mettre à rude épreuve le pouvoir, voir jusqu’où peut aller son entêtement à empêcher les Algériens de s’exprimer pacifiquement.
Après Tunis et le Caire, le monde entier scrute du côté d’Alger. C’est le moment ou jamais ! La coordination veut persévérer dans la pression avec cette nouvelle marche du 19 février 2011, face à un pouvoir qui panique et se cache derrière un bouclier policier. Il est question aussi d’un appel à une grève générale dont il reste à définir les contours. Elle pourrait être plus efficace, face à l’arsenal policier mobilisé par les autorités pour réprimer les marches. La coordination va prendre des contacts dans la semaine pour associer plus les organisations de la société civile.
Pour rappel la CNCD est né le 21 janvier, lors des émeutes de début du mois, qui ont fait 5 morts et plus de 800 blessés.
Revenons sur la marche du samedi 12 février s’est transformée en rassemblement, et a laissé les initiateurs sur leur faim. Certes il n’y avait pas la foule escomptée, mais pouvait-il en être autrement quand les autorités mobilisent 30 000 policiers pour réprimer ? Le monde entier sait que tous les accès à Alger étaient fermés dès vendredi soir, et que la place du 1er mai et celle des martyres étaient quadrillées hermétiquement. Peut-on considérer un appel à une marche comme un échec dans des circonstances pareilles ? Pas si sur ! Ce qui compte c’est l’impact qu’elle a eu.

Tout d’abord le mur de la peur est tombé, les manifestants hommes et femmes présents n’ont pas été intimidés par la présence de milliers (plus qu’eux) de policiers anti-émeute.
Mais aussi grâce à ce rassemblement, le temps d’une journée, les regards des autres pays étaient braqués sur Alger, et son pouvoir. Grâce à la télévision et aux réseaux sociaux, le monde entier a vu des milliers de policiers, tabasser et arrêter des citoyens et des citoyennes venus juste manifester pacifiquement. En montrant son vrai visage à la face du monde, le pouvoir algérien s’est plus que jamais discrédité. Le regard de l’occident sur lui sera celui d’un régime répressif autoritaire.
Ce n’est pas tout, les évènements de Tunisie, d’Egypte, les émeutes quasi quotidiennes en Algérie, et la marche du 12 février, va tempérer les ardeurs ou mettre fin aux appétits et aux calculs de certains. Le pouvoir à vie, transmis par filiation, c’est fini. Désormais ceux qui gouvernent l’Algérie n’ont qu’à bien se tenir, car à force de réprimer, la cocotte va éclater. Ce sera l’explosion et ça fera très mal au pays.
Nous retiendrons de ce 12 février une très forte image. Celle d’un homme (Yahia Abdenour) de 90 ans, qui faisait des coudes pour se frayer un passage, qui a même été malmené par les forces de l’ordre. Image fortement symbolique, que celle de ce vieil homme qui n’attend plus rien de la vie, mais qui n’en continue pas moins à se battre. Ali aimerait bien partir tranquille, laissant derrière lui une Algérie enfin libérée. Un peuple qui s’est réapproprié son destin et son indépendance, qu’on lui a confisqués alors qu’il a payé le prix fort pour les arracher.
Par Mus
