Partenaires
- Agence web : création de site Internet Lyon, référencement et graphisme
Malgré la fermeture de tous les accès vers la capitale (des centaines de bus ont été refoulés), 7000 à 8000 personnes ont pu rejoindre la place du 1er mai lieu de rassemblement, ce samedi matin.
Ils étaient attendus par autant de policiers pour les empêcher de marcher vers la place des martyrs. Non loin des jeunes à la solde du pouvoir, scandaient des slogans à la gloire de Bouteflika, et provoquaient les antis sans être inquiétés.
Les échauffourées et les arrestations ont commencé la veille de cette marche du 12 février 2011 en Algérie, quand des dizaines de jeunes sont sortis manifester leur joie, après la démission de Moubarak. Ce samedi la police a procédé à plusieurs arrestations avant même le début de la marche : 4 députés et une soixantaine de militants du RCD, Boumala membre fondateur de la coordination, Ali Benhadj (ex FIS) et bien d’autres parmi les manifestants. Ali Yahia Abdenour, le doyen des militants des droits de l’homme (90 ans), a été victime d’un malaise après avoir été malmené par la police. Selon le collectif "Envoyés spéciaux en Algérie", la répression a atteint son degré le plus élevé entre 11heurs et 12h.
Il y aurait au moins 1500 arrestations, dont 500 femmes arrêtées par des policières. Des centaines de blessés également, dont des femmes, ont été enregistrés suite au bastonnage systématique par forces de l’ordre.
A midi des milliers de personnes étaient encore bloqué place du 1er mai, quelques 2000 qui ont réussi à forcer le cordon policier, ont entamé une marche vers la place des martyrs.
Devant cet arsenal répressif, Mustapha Bouchache (membre de la coordination nationale pour le changement et la démocratie) a déclaré « Le régime continue de réprimer le peuple, et lui refuse même le droit de s’exprimer pacifiquement. La coordination va se réunir ce soir pour décider des suites à donner …. »
A Oran (ouest de l'Algérie) où le rassemblement était aussi interdit, des policiers sont intervenu pour tabasser les manifestants, leur arracher les banderoles, et arrêter les leaders… Non loin de là des manifestants pro-Bouteflika n’ont pas du tout été inquiétés.
A noter aussi la quarantaine d’agréments accordés aux médias étrangers n’était que de la poudre aux yeux, puisque sur le terrain ils n’ont pas pu réellement faire leur travail. Plusieurs journalistes ont été arrêtés puis relâchés. Al Jazzera la chaîne qatarie quant à elle, est interdite en Algérie depuis des années déjà.
Contrairement à la Tunisie et à Égypte, le pouvoir Algérien dispose d’une manne pétrolière impressionnante. C’est avec celle-ci qu’il s’est et qu’il va continuer à se maintenir, mais jusqu’à quand ?
PS : A défaut de marcher, des jeunes affluent vers la place du 1er mai en début d’après-midi, où la foule grossirait à vue d’œil (des milliers de personnes selon les témoignages). Va-t-elle devenir une place Tahrir bis ?
Par Mus
