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Il y a 28 ans nous quittait le poète et chanteur de l’exil Da Slimane. Mort le 28 janvier 1983 à Missac (France), sans avoir revu sa mère patrie, cette terre qu’il aimait tant.
Ainsi en avait décidé, ceux qui ont fait de lui un indésirable dans son propre pays. Ces gens aiment-ils pour autant cette Algérie, pas du tout. Il n’y a qu’à voir ce qu’ils ont fait de Slimane Azem. N’a-t-il pas chanté «Ouffagh a yajrad tamurtiu » (Sauterelles quittez mon pays), allusion au colonialisme ? Il est mort frustré, de n’avoir pas pu fouler une dernière fois sa terre natale, lui qui rêvait de finir ses jours dans ses montagnes de Kabylie. Que faut-il de plus que ces mots qui vont droit au cœur, pour convaincre de l’amour qu’il portait à son pays, et combien il souffrait. C’est une véritable déclaration d’amour à l’Algérie :
« Je me rappelle cette nuit d’orage,
entouré de mon père et de ma mère,
en exil depuis mon jeune âge,
j’ai préparé mes affaires
pour mon premier voyage.
Je revois d’ici mon village
et tous ceux qui me sont très chers
… Algérie mon beau pays,
je t’aimerais jusqu’à ma mort,
loin de toi moi je vieillis,
rien n’empêche que je t’adore,
jamais je ne t’oublierai quelque soit mon triste sort »...
Slimanre Azem est né le 19 septembre 1918 à Agouni Gueghrane , à 20 kilomètres de Tizi Ouzou. Il a quitté son pays en 1937 pour la France. A l’indépendance, le pouvoir d’Alger lui a fermé définitivement les portes de son pays. A Moissic où il a vécu ses 20 dernières années et y mourut, la mairie a dédié au poète un espace « Jardin de Slimane Azem », où sont plantés des oliviers et des figuiers. Un véritable petit coin de Kabylie dans le village.
Par Mus
