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Avec au moins 200 morts, des milliers de blessés et d’arrestations, le pouvoir du Raïs a atteint ses limites.
En faisant démissionner tout son gouvernement, et en prononçant un discours très peu convaincant et sans conviction, Moubarak a joué sa dernière carte d’apaisement. « J’ai exigé la démission du gouvernement. Demain je formerai un nouveau gouvernement qui va régler la situation ». Des propos vide de sens. En fait tout ceci c’est juste pour nommer dans la foulée un vice-président, un poste qu’il a lui-même supprimé quand il a succédé à Anouar El Sadate le 6 octobre 1981. Ce vice-président n’est autre qu’Omar Souleymane, le chef du renseignement égyptien, un militaire connu pour être très proche des Américains, des Israéliens et du Mossad. Au poste de 1er ministre il a nommé un autre militaire en la personne d’Ahmed Charik.
Les Américains hésitent jusque là à lâcher Moubarak. Alors qu’Obama clamait devant le congrès à propos de la Tunisie, que les Etats-Unis étaient aux côtés des Tunisiens et soutenaient les aspirations démocratiques de tous les peuples, à propos de l’Egypte il s’est contenté d’un : « Les réformes politiques et économiques sont cruciales pour l’avenir de l’Egypte ». Les Américains savent bien que les jours du Raïs sont comptés, mais vu l’influence de l’Egypte dans la région, ils ne peuvent pas permettre l’avènement d’un pouvoir révolutionnaire, qui peut faire basculer l’équilibre actuel au Moyen orient. Par ailleurs, ils ne veulent pas que cet allié, si servile, serviteur, et homme de main ne soit humilié comme le fut Ben Ali. Ils lui doivent bien ça ! Avant de l’inviter à partir, il faut d’abord trouver un homme aussi docile que lui, qui est allé jusqu’à ériger un mur le long de la frontière avec Gaza, pour empêcher les Palestiniens de franchir la frontière. Un homme qui a tourné le dos à soin peuple, et à la cause palestinienne, pour sécuriser Israël. Il semblerait que Souleymane soit l’homme tout indiqué pour lui succéder.
La rue égyptienne l’entendra t-elle de cette oreille, où réagira t-elle comme les Tunisiens ? Pour l’instant, et au 6ème jour la rue continue à gronder scandant « le peuple veut la chute du régime » « Moubarak dégage ». Le peuple égyptien a trouvé en la personne de Khaled Saïd un symbole de lutte, qui va peut-être le galvaniser pour continuer à se battre. Ce jeune de 28 ans a osé diffuser sur le net en juin 2008, une vidéo montrant deux policiers en train de se partager un butin (de la drogue saisie lors d’un coup de filet). Ils l’ont retrouvé dans un cyber à Alexandrie, et battu à mort dans la rue. Côté pouvoir, des milliers de prisonniers ont été libérés pour piller, créer la confusion et discréditer le mouvement de révolte, et peut-être justifier toute action de répression des autorités. on tente de rendre la situation la plus opaque possible. Al Jazeera la principale source d’informations, vient d’être chassée d’Egypte. Ce qui augure d’une grande opération répressive, pour assoir le pouvoir des successeurs. Ce n’est pas pour rien que plusieurs pays sont en train de rapatrier leurs ressortissants. Les Israéliens ont rapatrié le personnel de leur ambassade, et tous ses ressortissants qui se trouvent dans ce pays. Les USA, la Turquie…s’apprêtent à faire de même à partir de ce lundi. Les fils de Moubarak sont à Londres avec leurs familles, le ministre de l’intérieur est en fuite…
Par A.Z
