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L’arrivée d’El Baradei, prix Nobel de la Paix en 2005, au Caire dans la soirée du jeudi 27 janvier n’est certainement pas fortuite. Il a déclaré vouloir se joindre aux manifestants, ce vendredi 28.
Tout en invitant Moubarak à quitter le pouvoir, il a proposé ses services « Je suis prêt à assurer la transition politique si le peuple égyptien me le demande » C’est clair, le départ de Moubarak n’est plus qu’une question d’heure. Les Américains ne lâcheront Moubarak que pour cet homme, qui était à la tête de l’Agence Internationale pour l’Energie Atomique (AIEA) de 1998 à 2009 donc proche de Washington.
Les manifestations des Égyptiens pour un changement de régime par le départ de Moubarak, ont donné lieu à plusieurs réactions dans le monde. Paris a appelé le pouvoir égyptien a respecté la liberté d’expression. L’UE est allé plus loin en appelant les autorités du Caire, à respecter le droit des citoyens à manifester pacifiquement pour défendre leurs droits. Hillary Clinton a pressé les autorités égyptiennes, à autoriser les manifestations pacifiques et de mettre à profit la situation pour des réformes politiques, économiques et sociales. Tout comme elle les a exhortées à ne pas bloquer les réseaux sociaux. Robert Gibbs porte-parole de la présidence a déclaré que « Égypte reste un allié proche et important ». Comprenez que celui qui succédera à Moubarak ne sera que pro-américain. Ce n’est pas pour rien que les USA octroient 3 milliards de dollars d’aide à Égypte, par an. Pourquoi donc cette aide ? C’est le 2ème pays à bénéficier de l’aide américaine après Israël.
Witter et Face book ne sont pas accessibles depuis ce mercredi pour les internautes égyptiens. Comme cela s’est passé en Tunisie, la protesta est menée à travers la toile par le mouvement du 6 avril 2008. Ce jour là des ouvriers textiles sont sortis manifester contre leurs conditions de vie et de travail. La protestation a été violemment réprimée, et 33 étudiants considérés comme meneur ont alors été arrêtés. Depuis, leurs camarades se réunissent tous les 6 avril.
Les manifestations ont entraîné au moins une dizaine de morts et plus de 1000 arrestations. Les portraits du Raïs dans la capitale et ailleurs, ont tous été arrachés. Le message est clair « Moubarak dégage ». Alors partira t-il ou non ? La journée du vendredi, où un appel à de grandes manifestations à travers toute l’Égypte après la prière, sera déterminante. L’impressionnant dispositif mis en place par les autorités, associant même l’armée, en plus du blocage des réseaux sociaux, dissuadera t-ils les Égyptiens ? Pas si sur quand on sait qu’El Baradei sera parmi eux, et qu’ils le considèrent déjà comme le sauveur de Égypte.
Il faut savoir aussi que l’occident ne s’accommode pas de pouvoirs vieillissants, aussi alliés soient-ils, mais honnis par leurs peuples. Ce n’est pas dans leurs intérêts de laisser de régimes pareils s’éterniser, au risque d’être renversés, au profit d’autres révolutionnaires. Ils savent trop bien à quel moment il faut les remplacer.
Les événements de Tunisie et Égypte ne laissent pas le pouvoir algérien tranquille. Pour éviter toute contagion d’envergure, plusieurs mesures d’apaisement ont été prises. On sait que les prix des produits de large consommation ont connu des baisses sensibles, et que 850 000 tonnes de blé ont été importées en une seule journée. Des dizaines de projets d’investissement en souffrance (notamment étrangers), ont été débloqués comme par miracle. Les lois qui les bloquaient, ont été abrogées sans même passer par l’Assemblée qui les a votées. Le ministre du travail a annoncé un vaste programme pour l’emploi. Les entreprises publiques ont été sommées de recruter, voilà le programme de Louh. Le conseil national de la concurrence, en veille depuis bientôt 10 ans, a été réactivé. Tenez-vous bien la police a reçu l’ordre de ne plus procéder à des retraits de permis. Et puis à défaut de changements politiques attendus par le peuple, on parle de l’éminence d’un changement de gouvernement. Comme si c’était seulement un problème d’hommes.
Par A.Z
