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De toutes les réactions enregistrés après la fin du règne de Ben Ali, celle des autorités française est la plus rocambolesque.
Après avoir soutenues le président déchu, fait son éloge durant les émeutes, voilà qu’il devient lui, ses proches et tous ceux qui gravitent autour du palais de Carthage, indésirables dans l’hexagone. Ben Ali l’ami de la France depuis 23 ans, dont le régime était présenté comme un modèle de gouvernance, lâché de la sorte ! Obligé de fuir, de sortir par la petite porte, de s’exiler chez des gens qu’il ne porte pas particulièrement sur son cœur ! C’est ainsi que va l’occident, toujours du côté du plus fort du moment, même au détriment des peuples. La France risque, malgré ce revirement, de perdre son influence. On ne voit pas comment les Tunisiens vont passer l’éponge sur le soutien indéfectible des autorités française et de Sarkozy au régime de Ban Ali, alors que tout le monde était au courant des dépassements, des violations des droits de l’homme, de la torture, du musèlement…dont ils ont été victimes 23 ans durant.
Côté Arabes très peu de réactions officielles. Il n’y a que Kadhafi, et il faut lui reconnaitre cela, qui assume. Pour lui « Ben Ali est toujours président de la Tunisie » et il regrette qu’il soit chassé de la sorte. Langage tout à fait normal venant d’un homme qui est au pouvoir depuis …1969. Les autres présidents affichent une attitude de lâcheté, même pas de prudence. Ils ont juste souhaité l’arrêt des violences en Tunisie, c’est le minimum qu’ils puissent faire. Comme s’ils avaient quelque chose à se reprocher, un sentiment de culpabilité. Ils sont tous là pour des mandats indéterminés, contre vents et marais.
Ce qui vient de se passer en Tunisie est un avertissement aux régimes arabes. Peut-on pour autant croire à une démocratisation de ses régimes ? Pas si sur, les Arabes sont réputés être tenaces, obstinés, ils ne retiennent jamais les leçons, quand ils tiennent le pouvoir ils ne sont pas près de le lâcher, c’est dans leur sang à en croire Ibn Khaldoun. Ils aspirent tous à commander et dès qu’ils ont le pouvoir, ils se prennent tout d’un coup pour des messies, les sauveurs de la nation, que sans eux c’est le chaos. La réponse pour l’instant dans plusieurs pays, est une baisse sensible des prix des produits de large consommation, comme si les Arabes n’étaient que des tubes digestifs. Comme quoi Ibn Khaldoun avait bien raison.
Par Mus
