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Wikileaks ne cesse de faire trembler les grands de ce monde avec les révélations fracassantes. Ce site web crée en 2006 par Julian Assange, divulgue d’une manière anonyme des informations, des documents et autres vidéos qu’on nous cacherait.
Il rend publiques des milliers d’informations compromettantes sur les USA, les régimes d’Asie, l’ex URSS, l’Afrique et le Moyen Orient. Il a donc le mérite de transparence, de démocratie dirions-nous, puisque des citoyens du monde peuvent grâce à lui, porter à la connaissance du monde les comportements occultes, non éthiques, des gouvernements et grandes entreprises.
Les 1ères fuites émanent de Manning Bradley, un jeune soldat américain en Irak, analyste de son état, arrêté depuis. Une partie des documents en possession du site, proviennent de l’intérieur même du gouvernement US. Ils ont été transmis par des personnes courageuses, qui croient qu’une politique étrangère plus éthique des Américains est possible. Il faut donc s’attendre à des réactions en cascades, au fur et à mesure des révélations qui n’épargneront sûrement personne. Selon Julian Assange, cela permettra de « juger du climat politique de dizaines de pays. On se demande s’ils vont saisir l’opportunité de réformes, ou alors lanceraient une campagne pour la suppression et pour distraire l’opinion publique ». Reste que les personnes qui sont derrière ce déballage, donnent une véritable leçon de démocratie aux gouvernements du monde. Même si la Maison Blanche considère ces révélations de « crime grave » et les responsables de Wikileaks de « criminels », alors que pour Hilary Clinton « C’est une attaque contre la communauté internationale ». De son côté Sarkozy a qualifié cette diffusion de « Premier degré de l’irresponsabilité »
Les révélations de Wikileaks concernaient au tout début la guerre en Irak et en Afghanistan, et les exactions de l’armée américaine. Le site montre notamment que la guerre en Irak a fait au moins 110 000 morts, dont la moitié de civils, ainsi que la complicité de l’armée américaine qui conduisait elle-même des Irakiens dans des centres de torture. Une vidéo publiée par le site, montre un hélicoptère Apache abattre les deux photographes de l’agence de presse internationale Reuters en juillet 2007 à Bagdad.
A partir de novembre 2010, le site a commencé à publier des documents qui touchent pratiquement tous les pays, notamment les USA. On découvre ainsi les pratiques peu orthodoxes de l’administration américaine, jusqu’à utiliser ses ambassades et missions diplomatiques dans le monde, comme véritables centrales d’espionnage, ou à demander à ses diplomates à l’ONU d’espionner ceux des autres pays, y compris leurs alliés.
On sait que la France a monnayé l’accueil des détenus d’origine algérienne de Guantanamo. Le roi d’Arabie Saoudite n’arrête pas de harceler Washington, pour attaquer l’Iran « Il faut couper la tête du serpent ». La Turquie pourtant alliée des USA dans la région a aidé Al Qaïda, et que de leur côté les Américains ont fait pareil pour les Kurdes de Turquie. On sait que le ministre de l’intérieur du Koweit a dit à un diplomate américain à propos de 4 détenus koweitiens à Guantanamo « Laissez-les mourir »
Les révélations les plus embarrassantes pour Washington portent sur les appréciations méprisantes de la Maison Blanche, sur les chefs d’Etat du monde. Pour les Américains, même s’ils le considèrent comme le président français le plus pro-américain depuis la 2ème guerre mondial, ils n’en pensent pas moins que Sarkozy est « Susceptible et autoritaire ». De Burloscini ils pensent que « C’est un homme irresponsable, et faible physiquement et politiquement », de Merkel une femme qui « fait rarement preuve d’imagination », de Hamid Barzaï le président afghan « Faible alors que son frère Ahmed Walid est un baron de la drogue », de la Russie « Un état mafieux virtuel » et de Poutine « Mâle dominant »…
Les documents et messages en question émanent de 274 ambassades, et autres missions diplomatiques de 1966 à nos jours, 1099 concerneraient l’Algérie. Seuls quelques journaux sont autorisés par les responsables de Wikileaks, à publier ces documents si compromettants. Il s’agit du New York Times, de l’allemand Der Spiegel, du français Le Monde, de l’espagnol El Pais, de l’anglais The Guardian, et ce n’est pas fortuit. Pourtant l’essentiel des révélations touche l’Asie, l’Afrique et le monde musulman. Selon Assange, ces informations seront publiées sur des semaines voir des mois « pour permettre qu’ils soient débattus sur la place publique, ce qui ne serait pas possible si des milliers l’étaient à la fois. Il reste que ceux qui pourraient « mettre la vie de personnes en danger ou compromettre la sécurité des USA » ne seront pas rendus publics. Le New York Times a même avoué travailler avec l’administration d’Obama sur la question.
A noter que Wikileaks a fait l’objet de plusieurs tentatives de destruction en vain, et que plusieurs gouvernements vont le poursuivre en justice. Il faut s’attendre à des mesures plus musclées pour l’empêcher d’aller plus loin, car le gros reste à venir. Ce grand déballage, s’il venait à continuer, va ébranler le monde d’en haut, et nous avons bien de besoin de cela pour changer notre planète. Tout au moins, il permettrait d’ouvrir un débat sur la transparence.
Par Mus
