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Bien que la population ait manifesté à plusieurs reprises son mécontentement sur le fonctionnement du service de l’état civil, que la presse en ait fait un large écho, rien n’a changé. Normal, cette situation arrange bien les fonctionnaires de ce service public. Cette tension permanente autour des pièces d’état civil leur permet de les monnayer. Les preneurs ne manquent pas qui pour une raison ou une autre préfèrent payer que de faire la chaîne toute une journée sans être sur d’être servis.
Ce dimanche 6 septembre au matin, devant le mépris des agents, excédés par l’absence d’imprimés pour le fameux acte de naissance No 12 depuis une semaine, les citoyens ont manifesté leur ras le bol en saccageant tout. Dans cette pagaille plusieurs personnes ont même été blessées. Aussitôt la police est intervenue pour rétablir l’ordre. Dans l’après-midi nous avons constaté une forte présence policière. Seulement elle n’a nullement influencé le fonctionnement du service. Derrière les guichets les agents ont continué à manifester le même mépris, quand ils ne sont pas carrément absents.
La volonté du personnel de l’état civil de maintenir contre vents et marais cet état de fait, est manifeste. On nous a signalé qu’il y a eu plusieurs tentatives d’informatiser le service, et que des ordinateurs ont même été ramenés. Seulement qui dit informatisation dit meilleur service, donc plus possible de monnayer quoi que ce soit. Ces ordinateurs auraient tout simplement disparu, à chaque tentative.
En haut de la hiérarchie ça ne va pas mieux non plus. Depuis plusieurs années l’assemblée populaire communale connaît une instabilité chronique. Les luttes partisanes dans une assemblée qui regroupent des élus FLN, RCD, FFS et RND en est la cause. Conséquence la mairie de Tizi Ouzou est la honte de la Kabylie. Dans l’espace réservé à l’état civil la situation au quotidien est indescriptible. Cela dure depuis des années sans que les autorités (Daïra, Wilaya) ne daignent intervenir. Il est temps de mettre fin au chantage des agents, aux passe-droits pour que cesse le calvaire des citoyens. Ce qui vient de se passer ce dimanche n’est qu’un avertissement. Si la situation qui prévaut persiste, il faudra s’attendre au pire, une réaction violente de toute la population.
Par AZ
