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Comme il fallait s'y attendre et comme nous nous en doutions (voir article précédent sur le même sujet), il n'y aura pas de loi pour criminaliser le colonialisme français en Algérie.
L'initiative pour la promulgation de cette loi, initiée rappelons le par un député FLN actionné d'en haut, a eu l'accord de 125 députés de l'alliance présidentielle (FLN, RND, MSP). Paradoxalement, l'exécutif composé de ces mêmes partis qui avaient un délai de deux mois pour se prononcer et promulguer cette loi, n'a rien fait, n'a donné aucune suite. A t-il jamais été question de promulguer une telle loi ? Bouteflika nous a habitué à ce genre de manœuvres vis à vis de l'ancien colonisateur, quand il est offusqué par les autorités françaises.
Il y a eu l'affaire Mami, Hassani, et surtout le report à la demande de l'Élysée (selon certaines sources), de la visite qu'il devait effectuer à Paris en juin 2009, juste après sa réélection à la présidence en avril. Cette visite trop proche du scrutin remportée à plus de 90% par Bouteflika, devenait ainsi embarrassante pour l'Élysée. Comment fustiger des mois durant Mugabe du Mozambique qui est passé à 85%, et le traiter de dictateur, et recevoir un président qui venait de s'offrir un score digne des grandes dictatures? Bouteflika se serait-il senti comme un président indésirable, encombrant ? Tout porte à le croire, puisqu'il a actionné ses relais pour faire, on serait tenté de dire, du « chantage « à l'Élysée: taper fort en promulguant une loi criminalisant son passé colonial.
Le palais d'El Mouradia a déclenché une série de rétorsions, allant de multiples déclarations exigeant de la France repentance, à la proposition d'une loi qui criminalise le passé colonial de la France (de quoi réveiller les vieux démons), en passant par le refus de recevoir les ministres de Sarkozy dépêchés à Alger. La tension entre les deux palais est montée crescendo, avec du côté français la relance de l'affaire des moines de Tibhirine, la présence de l'Algérie dans la liste des pays à risques, la déclaration de Kouchner « La relation entre l'Algérie et la France sera peut-être plus simple lorsque la génération de l'indépendance algérienne ne sera plus au pouvoir »...
La loi sur la criminalisation est donc enterrée, avant même de voir le jour. Pour quelles concessions? On le saura peut-être dans pas longtemps, ou jamais.
Par Mus
