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Le 30ème anniversaire du printemps berbère (Avril 1980), et le 9ème du printemps noir, ont été notamment marqués par les deux marches du Rassemblement pour la Culture et la Démocratie (RCD) de Saïd Sadi et du Mouvement pour l'Autonomie de la Kabylie (MAK) de Ferhat Meheni. Ces deux marches se sont déroulées à Tizi Ouzou, Béjaïa, Bouira, Boumerdes et Batna.
A Tizi Ouzou, les deux parties se sont retrouvées à la même heure tout près de l'entrée de l'université Mouloud Mammeri, mais pas pour marcher ensemble. Il était difficile dans cette situation de distinguer qui était qui. Après moult palabres un accord a été trouvé. La marche du RCD s'est ébranlée la 1ère, suivie de celle de MAK à une demi-heure d'intervalle. Selon un responsable du MAK, leur mouvement aurait proposé au RCD de marcher ensemble mais celui ci aurait refusé.
Le RCD a marché pour l'officialisation de Tamazight et les libertés démocratiques. Le RCD considère que celles-ci ont beaucoup reculées et mises à rudes épreuves sous l'ère Bouteflika. Les slogans du MAK étaient quant à eux résolument autonomistes. Le MAK lui, considère qu'il n'y a plus rien à attendre de ce pouvoir, et que seule l'autonomie permettra à la Kabylie de vivre avec son identité et sa culture loin du panarabisme et de l'islamisme. Des chants patriotiques et des slogans comme « Pouvoir assassin », « Nous sommes toujours et à jamais des Amazigh », « Bouteflika-Ouyahia criminels », « Nous ne sommes pas des arabes »… fusaient tout le long du parcours. Les autonomistes étaient les plus bruyants.
En ce 30ème anniversaire la foule n'était pas vraiment au rendez-vous. Nous sommes loin des marches du MCB, quand la tête du cortège arrivait au stade Oukil Ramdane alors que la queue n'a pas bougé de l’université. Les deux parties ont mobilisé tout au plus 5000 personnes selon notre estimation. Si les jeunes dont une majorité d'étudiants ont plutôt marché avec le MAK, du côté du RCD on aura remarqué une majorité des 40 ans et plus. Contrairement à Béjaia et Bouira où les autonomistes étaient plus nombreux, à Tizi Ouzou il y en avait autant des deux côtés. Selon les informations qui nous sont parvenues la mobilisation était plus forte à Béjaia et Bouira. Batna a pour la première fois marché. Certains expliquent cette démobilisation par le refus de la population kabyle d’avoir à choisir avec qui marcher. Seul un mouvement réunificateur peut drainer la grande foule, comme l’ont fait le défunt MCB et L’aârouch.
Notons enfin que toute la Kabylie a fêté ce double anniversaire. Diverses festivités ont été organisées dans les maisons de la culture, tout comme dans les villages, grâce au concours d’associations. Conférences débats, expositions, galas artistiques, projections cinématographiques et théâtre étaient au rendez-vous.
Par A.Z






