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Comme nous l'avions annoncé après l'édition 2009 qui s'est déroulée à Sidi Bel Abbes, le festival sera dorénavant localisé définitivement à Tizi Ouzou. Une manière de le ghettoïser, comme s'il dérangeait certains cercles du pouvoir, surtout que le cinéma algérien arabophone n'a pas le sien, et qu'il a été surclassé par le nombre de productions amazighophones.
Le festival qui était jusque là itinérant, a permis de porter à travers le cinéma la voix de l'amazighité de l'Afrique du Nord, permettant aux algériens arabophones de découvrir leur véritable identité. L'enthousiasme manifesté par la population que ce soit à Sétif, Tlemcen, Sidi Bel Abbes ou ailleurs, pour ce festival n'a pas laissé indifférents les tenants de l'arabité. Surtout qu’il a aujourd’hui acquis une notoriété internationale (Des cinéastes de France, Roumanie, Brésil, Colombie sont présents.) Dorénavant les populations hors Kabylie seront maintenues à l'écart du cinéma amazigh, d’autant plus que ces films ne sont pas programmés par la télévision.
Côté cinéma très peu de salles (40 au plus) sont fonctionnelles à travers l'Algérie, et on serait surpris de les voir programmer ces films. Ce festival a le mérite d’exister, il permet de promouvoir le cinéma d’expression amazigh et d’encourager la création.
Pour en revenir à cette 10ème édition qui s'est ouverte ce lundi 15 mars, elle promet d'être riche. Placée sous le signe de l'olivier, elle est dédiée à Mouloud Feraoun, à l'occasion du 48ème anniversaire de son assassinat par l'OAS. En hommage à ce grand homme, le festival s'est ouvert par la projection d'un film documentaire sur sa vie et son œuvre, d'Ali Mouzaoui qui récidive ainsi après celui sur Mouloud Mammeri. Tout comme se tiendra un colloque international animé par des universitaires nationaux et étrangers. Feraoun mérite bien cet hommage. Ses écrits sont nets et sans détours, voulant reconstruire une identité déformée par des siècles d'occupations étrangères. Profondément Kabyle, il a porté les valeurs universelles auxquelles il voulait arrimer le peuple kabyle.
12 films d'Algérie et du Maroc sont en compétition. Y figurent 3 longs métrages, « Tidet yefren » (la vérité cachée ou pervertie) de Rabah Dichou, « Rabyos l’extraterrestre » de Hocine Belhadjal, « Itto Titrit » (l’étoile du matin) du Marocain Mohamed Abbazi.
Côté courts métrages, 4 sont au programme, dont « Message du mur » et « Dihya ». Les documentaires sont au nombre de 5, dont « Les cinéastes de la liberté », « Lemahna igujilen» (le malheur des orphelins) et « Tin Hinan ». Enfin 14 films dont 2 longs métrages seront projetés en panorama amazigh, « le regret » Assam Hamimi et « Aqlagh noughaled » (Nous sommes de retour) de Younes Boudaoud. Akli Tadjer écrivain et cinéaste présidera le jury composé également de Charles Nemes, Moussa Haddad, Sonia Rolland... Notons encore que pour cette édition, le cinéma roumain est l'invité d'honneur, après celui l'Irlande, du Liban, de la Suisse, de l'Iran... précédemment.
En marge du festival seront tenues des conférences débats, des ateliers de formations à l'adresse des étudiants de l'université Mouloud Mammeri. Un atelier au profit de 25 enfants de Yattafen est également au programme (Mix, prise de vues et animation).
Le festival ayant pris cette année l’appellation de Festival culturel National Annuel du Film Amazigh, d’autres activités étaient au programme. Côté livre, table ronde avec Aumer U Lamara auteur de Omaha Beach-Ass-A d Wussan (Un jour parmi les jours), et Saïd Zanoun auteur de Bururu Yehya-d (Hibou, oiseau de mauvaise augure a ressuscité).
Toujours dans le même registre, Abderrahamne Bouguermouh avec son roman « Anza » (clan), et Ali Zammoum avec « Tirga au bout du monde » (rêve au bout du monde), sont là pour une vente-dédicaces. Le hall de la maison de la culture abrite une exposition de jeunes peintres engagés. Ce n’est pas tout, deux soirées spectacles sont prévues. La première verra un mélange de sonorités berbères et indiennes avec Zayen qui sera accompagné de Anwar Khan venu d’Inde, de Jasmin Anar venue du Bengladesh et de la Française Corinne Myriam. Tout comme le jeudi en soirée sera animée par le chanteur Graeme Allwright.
Le festival durera jusqu'au 20 mars, nous y reviendrons
Par Mus




