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Ce qui n'était qu'un simple rendez-vous culturel international et annuel des amoureux du Sahara, a fait du chemin. Grâce à l'abnégation des amis de l'Ahaggar, il a été finalement institutionnalisé pour devenir le festival international de l'Ahaggar Tin Hinan-Abassen.
Une juste reconnaissance, longtemps attendue, pour le patrimoine que recèle cette région, et qui nous renseigne sur nos origines. Il faut dire qu'en Algérie il y a des forces ou des résistances, qui empêchent de chercher plus loin que l'invasion des Arabes. Ce qui remettrait en cause les fondements même de la nation algérienne.
La première édition du festival paré de son nouveau statut, vient de se tenir du 15 au 20 février conjointement à Tamanrasset et Abalessa. Organisée par l'Office du Parc Naturel de l'Ahaggar (OPNA), avec le concours du ministère de la culture, elle a regroupé des ethnologues, des anthropologues, des archéologues, des musicologues … Pour Ighil Ahriz, cet archéologue kabyle qui est tombé amoureux du Sahara, directeur de l'OPNA et commissaire du festival, « Le but de ce festival est de rendre compte de la diversité du legs immatériel de la région ». Maintenant qu'il est institutionnalisé, l'État doit s'impliquer pour fournir les moyens de faire avancer les choses, de protéger les sites archéologiques, la faune (surtout le guépard), la flore (surtout l'acacia), de dévoiler et vulgariser les richesses culturelles et historiques que recèle l'Ahaggar. « Il s'agit de reconstruire et de se réapproprier la mémoire culturelle » (dixit Bétrouni directeur au ministère de la culture).
Durant la semaine, plusieurs activités étaient au programme. Il y a eu une série de conférences, animées par des chercheurs algériens et étrangers, dédiées d'ailleurs à Mouloud Mammeri qui a fait beaucoup pour sauver notre patrimoine immatériel de l'oubli. Les thèmes abordés concernaient le patrimoine artisanal, musical et autre, ainsi que l'usage des plantes médicinales du Hoggar.
Un « village d'ateliers » a été installé à Abalessa (100 km de Tam): travail du cuir, de l'argent, du bronze et multimédias. Abalessa est le village qui abrite le tombeau de la reine touareg Tin Hinan, dont le squelette est exposé au musée du Bardot d'Alger.
En soirée était programmée la projection de films documentaires sur la région, et liés à l'objet de la rencontre, ainsi des contes et légendes du Sahara.
Côté animation, la diva Malienne Oumou Sangaré est venue enflammer Tam avec sa musique, très appréciée car proche du tergui. Sangaré chante l'amour tout en dénonçant des pratiques comme l'excision, le mariage forcé et la polygamie encore courants au Mali. Pour la chanson tergui il y avait Abdellah Mesbahi un pur produit de Athmane Bali, et la star du tindi, Bady Lalla. Du Niger sont venus le groupe Lanbi Lanfa et la célèbre conteuse Beika Pakora. Djamel Allam enfin qui commence à devenir un habitué des fêtes et autres rencontres du sud, a animé une des soirées.
Notons que des intervenants ont insisté sur la nécessité d'aller vers la politique de l'écotourisme et de réhabiliter l'habitat traditionnel touareg, pour encourager l'artisanat et le tourisme.
Par Mus
