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Selon les chiffres publiés par SIGMA (Conseil-Marketing Média Research), opérant en Afrique du Nord, la télévision algérienne (ENTV) a engrangé pas moins de 514 milliards de DA en 2009 en recettes publicitaires. Une somme colossale comparé aux performances de notre télévision. En effet l'A3 ne recueillerait selon toujours SIGMA que 10,3% d'audimat, et Canal Algérie tenez-vous bien 1,8%. La honte !
Ces chiffres demandent à être analysés, et à nous poser un certain nombre de questions. La première qui nous vient à l’esprit est de se demander ce que les Algériens regardent donc. SIGMA ne le dit pas et c'est dommage. On ne peut pas croire qu’ils ne regardent pas la télévision, dans un pays où les loisirs ne sont à la portée que d’une minorité. On peut supposer que les chaînes arabes et françaises, se partageraient le reste de l'audimat. L’autre question est pourquoi donc les entreprises et autres s'adressent-elles à des chaînes qui sont très peu suivies? Trouvent-elles vraiment leur compte ? On se demande aussi, quelle est donc la raison d’exister d'une télévision boudée par ses potentiels téléspectateurs, c'est à dire les Algériens. On se demande ce que fait l'ENTV de tout cet argent auquel il faut rajouter le budget de l'Etat de plus de 740 millions de DA par an, et les redevances d'au moins 400 millions de DA (Plus de 515 milliards de DA pour la seule année 2009 en tout), si ce n’est pour nous produire de la médiocrité, que peu de citoyens suivent. A noter aussi que ce taux a atteint ce niveau grâce aux matchs de foot du championnat national, sans cela il serait bien en deçà. Il y a donc problème, et tant qu’il y a de l’argent pourquoi s’inquiéter ? Cela reste néanmoins grave pour un service public de fonctionner ainsi.
Par ailleurs SIGMA a publié d'autres chiffres qui concernent la presse écrite et la radio en Algérie. Les recettes publicitaires que se partage la presse écrite sont de 409 milliards de DA ; l'affichage rapporte 217 milliards de DA, alors que la radio avec ses différentes chaînes ne génère que 88 milliards de DA. Côté audimat 32% sont attribués aux radios locales, 9,7 % pour la chaîne III francophone, 3,2% pour la chaîne II berbérophone, qui fait mieux que l’arabophone avec 1,1%, autant ne dire rien, tout est dans les chiffres.
Tous ces chiffres devraient pourtant donner à réfléchir à nos gouvernants. Une radio francophone, une autre berbérophone, qui dépassent de loin l'arabophone dans un pays qu’ils qualifient d’arabe. N’est-ce pas paradoxal ? Non, ils s'entêtent ces gens d’en haut, à vouloir par une arabisation forcenée dépersonnaliser un peuple dont la vocation est la diversité culturelle et linguistique.
Notons enfin que le quotidien algérien El Watan vient d'être classé 1er média francophone en Afrique. Une distinction bien méritée, pour le journal le plus indépendant de la presse algérienne.
Par Mus
