Partenaires
- Agence web : création de site Internet Lyon, référencement et graphisme
Depuis le 4 janvier, l'Algérie figure sur une liste noire établie par les USA. Y figurent les pays considérés à « risque important » sur le plan du terrorisme international. Cette liste a été établie, suite à l'attentat manqué du vol 253 Amsterdam-Détroit du 25 décembre 2010, le jour de Noël, par un Nigérian.
L'Algérie est donc considéré comme un pays « dangereux », tout comme l'Afghanistan, le Pakistan, le Yémen, La Somalie, l'Iran, le Soudan.... Conséquence, les ressortissants de ces pays subiront une fouille corporelle complète, dans les aéroports Américains et Français (la France reste pour l'instant le seul pays à suivre les USA). Un questionnaire portant notamment sur le régime alimentaire (pour déterminer la confession), serait même en voie d'être mis en œuvre, et auquel il faudra répondre lors de la réservation du billet d'avion. Cette procédure est jugée discriminatoire, et surtout humiliante pour les ressortissants des pays visés.
L'Algérie a réagi vivement, et a protesté auprès de ces deux pays. N'empêche qu'elle n'a pas été retirée de cette liste qui date d'un mois déjà. S'il ne s'agit pas pour nous de cautionner la position des Américains et des Français vis à vis de notre pays, cela ne nous empêche pas de relever des contradictions dans les discours de nos dirigeants. Se voulant rassurants, ils ne cessent de vanter la réconciliation nationale « qui a ramené la paix en Algérie », et que l'Algérie fait juste face « à un terrorisme résiduel », celui de quelques « égarés », qui ne veulent pas renoncer, en démordre. On veut bien les croire. Mais comment expliquer que le moindre geste des diplomates en poste à Alger soit soumis à autorisation, et que dans tous leurs déplacements ils soient escortés? Comment expliquer que nos casernes, nos commissariats de police et autres édifices étatiques, soient transformé en bunkers, et que des voies entières y menant soient carrément fermées à la circulation? Même durant les années 90 nous n'avons pas vu ça. Comment justifier le maintien de l'état d'urgence, si le terrorisme n'est plus qu'un mauvais souvenir? Comment justifier cette islamisation à la soufisme en marche en Algérie? Tous ces paramètres réels sur lesquels s'appuient les autres pays pour nous juger, contredisent effectivement les déclarations de nos dirigeants. Pour eux, l'Algérie avec sa politique réconciliatrice, qui a élargi des terroristes notoires, qui s'est lancée dans une politique de compromission avec l'islamisme, et dans une islamisation « soufiste » de la société algérienne, fabriqueraient des islamistes qui pourraient se transformer en « jihadistes » à tout moment. Certains s'en défendent, il ne s'agirait pas de cela. Pour eux les choses sont claires, la présence de l'Algérie dans cette liste, c'est pour lui faire payer ses positions. Les Américains n'auraient pas digérés le refus des autorités algériennes pour l'installation d'une base US dans le Sud pour lutter contre Al Qaïda. On reprocherait aussi à l'Algérie son soutien inconditionnel aux Palestiniens, et celui récent pour l'Iran (nucléaire).
Pour protester contre cette décision des USA, Zerhouni le ministre de l'intérieur, vient d'annoncer devant l'assemblée nationale que « l'Algérie pourrait appliquer le principe de réciprocité si nécessaire ». En humbles citoyens nous considérons qu'il a mis du temps, cela fait tout de même un mois que nos citoyens sont humiliés dans les aéroports français et américains. Pourtant en 1994, l'Algérie a réagi promptement contre la décision du Maroc d'exiger un visa pour les algériens se rendant au Maroc, en appliquant la réciprocité dans un premier temps et en fermant la frontière terrestre quelques jours après. On voit très mal comment notre police des frontières irait jusqu'à fouiller Hilary Clinton (si jamais elle venait à Alger), comme l'ont fait les Américains pour notre ministre des affaires étrangères Medelci, lors de sa visite à Washington le 13 janvier dernier? On peut toujours rêver. En fait les pouvoirs successifs de l'Algérie ont toujours cherché à donner une autre image de ce qu'est réellement le pays. Ils se sont toujours entêté à concilier l'inconciliable: donner une image de marque du pays pour la consommation étrangère, tout en pratiquant une politique limitant les libertés, parfois répressive, quitte à courir le risque de se faire désavouer.
En fin de compte, ce qui nous arrive n'est-il pas le résultat des contradictions de notre pouvoir ? Il justifie la limitation des libertés individuelles (état d'urgence) par l'insécurité (terrorisme), tout en voulant faire croire aux autres nations que notre pays s'est débarrassé du terrorisme. N'est-il pas temps de se prononcer clairement? Soit le terrorisme menace toujours la société algérienne, dans ce cas il faut accepter de figurer dans cette liste, soit la paix est rétablie, dans ce cas il faut lever l'état d'urgence. Mais cela, le pouvoir ne le fera jamais quitte à ce que les Algériens soient humiliés. C'est un moindre mal pour eux.
Par Mus.
