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L’Algérie peut s’enorgueillir d’être le 4ème pays où les routes sont les plus meurtrières au monde. Le phénomène a tellement prit de l’ampleur, le facteur humain étant, paraît-il, responsable dans une large mesure, et que les accidents de la route sont la 1ère cause de mortalité en Algérie, que l’on parle dorénavant de terrorisme routier.
Après les mesures prises il y a trois ou quatre ans pour freiner l’hécatombe, notamment le retrait de permis temporaire ou définitif pour certaines infractions, le ministère des transports en envisage d’autres. Selon le directeur de l’établissement national du contrôle technique, un projet de loi sera soumis incessamment à l’assemblée Nationale. Il comporte des mesures à même selon lui de mettre un terme à l’hécatombe.
Il s’agit d’abord d’assainir le parc automobile qui contient des milliers de véhicules, véritables « bombes roulantes ». Il était temps que ces poids lourds, comme les Berliet, qui datent d’avant 1978 soient retirés de la circulation. Le projet de loi prévoit que tous les véhicules âgés entre 10 et 30 ans soient, selon leur état, mis hors circulation. La deuxième mesure est l’instauration du permis à points qui a fait ses preuves en Europe. La troisième est la multiplication des radars mobiles et fixes.
Ce qu’on ne dit pas par contre, c’est pourquoi les mesures précédentes n’ont rien donné. Non seulement elles ont échoué, mais le nombre d’accidents a augmenté. Le plus souvent quand un permis est retiré, on le récupère par « une connaissance » quand il n’est pas monnayé. Ces nouvelles mesures seront également vaines si elles ne sont pas suivies d’une application sans complaisance sur le terrain. Rien ne sert de décréter des lois si elles ne sont pas appliquées. Il faudra que la gendarmerie, la police et les centres de contrôles techniques jouent le jeu, ce qui n’est pas évident. Sans cela, nos routes continueront à être de plus en plus meurtrières, et toute mesure serait vaine.
Ce qu’on ne dit pas non plus, c’est que bien des accidents sont causés par l’état des routes. Que de fois des conducteurs ont été surpris par des trous dans la chaussée, des dos d’âne même sur des routes à grande circulation, signalisation défaillante etc ! La responsabilité des pouvoirs publics est entière. Depuis les années 90, la police et la gendarmerie préoccupées plutôt par la lutte antiterroriste, ne prennent même pas la peine de contrôler l’état des véhicules (feux, feux de stop, clignotants…).
En attendant que la loi soit votée dès janvier, les « casseurs de véhicules » commencent à se frotter les mains. Ils pourront profiter largement de cette opportunité, car au nombre de véhicules à écarter des routes, ils pourront les acquérir à des prix dérisoires. Le malheur des uns ne fait-il pas le bonheur des autres ? Il paraîtrait même que des dizaines de personnes se sont déjà improvisés « casseurs », dès l’annonce de la nouvelle.
Par A.Z.
