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Après avoir participé au festival panafricain de la jeunesse (Alger et Tizi Ouzou), sorti un nouvel album le 17 octobre dernier, les Algériens l’attendaient pour une tournée prévue pour cette fin d’année. Celle-ci, qui devait l’emmener dans une dizaine de villes (Tizi Ouzou, Bejaia, Constantine, Oran, Tlemcen etc ) avec sa nouvelle formation « Poison rouge », composée de cinq musiciens, n’a pas eu lieu.
Reportée une première fois, puis réduite à cinq villes une seconde fois, elle a été carrément annulée au bout du compte. L’organisateur a justifié cette annulation par un problème de logistique, d’acoustique. Même Amazigh semble « officiellement » se satisfaire de cet argument.
Cependant quelques indices montrent bien qu’il puisse s’agir d’autre chose. Son nouvel album « Marchez noir », où il tire à boulets rouges sur le système, qui est « un manifeste pour l’amour, la vie, la résistance, la révolution… », a tout pour déranger. Après Algérie Egypte, la conjoncture est favorable au discours d’Amazigh. Dans cet album, il revendique volontiers son « Africanité », tout en rejetant son Arabité. Il suit ainsi le discours de son père qui disait : « Le Maghreb lui-même est trop restrictif. C’est africain qu’il faut se dire. Nous sommes des Africains. Le mythe arabe et tout ça, c’est des inventions, de l’idéologie pour nous détourner de l’Afrique ». Cette tournée ne serait donc pas du goût des tenants du panarabisme, surtout en ce moment.
A noter qu’Amazigh Kateb était présent du 13 au 17 décembre dernier à Sétif, Constantine, Annaba, Souk Ahras et Alger, à l’occasion de l’hommage rendu à son père, Kateb Yacine, pour le 20ème anniversaire de sa disparition. En marge de l’événement, il a animé avec le groupe Djamawi Africa des soirées pour un public trié (invitations) sous le thème : « C’est africain qu’il faut se dire ». Il ne semblait pas affecté par l’annulation de sa première grande tournée algérienne. Selon l’organisateur elle aura lieu avant la fin du 1er trimestre 2010. Amazigh y croit-il vraiment ? Pas si sur quand on sait qu’il a ironisé : « Moi je ne chante pas Joséphine », et de continuer en reprenant cette phrase célèbre de son père « On ne sort pas d’une révolution pour fermer sa gueule ». Il a qualifié son album d’« hommage à toutes les marches noires de l’histoire ».
Pour en revenir à son nouvel album, sorti chez Izem Production (Algérie), il contient 12 titres. C’est un mélange entre modernité et tradition, avec l’introduction de nouvelles sonorités. En plus des percussions et d’un guembri, on retrouve tour à tour le banjo, la mandoline, et la guitare, ainsi que les platines et les synthétiseurs. On retrouve ce mélange subtil de chaâbi, de raï, de reggae, de gnawi, de rock et même de hip hop. Pour la 1ère fois il met en mélodie des vers de son père, les poèmes « Bonjour » et « l’africain ».
Par Mus
