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Des experts des mois durant, des ministres de l’environnement deux semaines durant et des chefs d’Etat 48 heures durant, réunis pour arriver à ces piètres résultats. Que d’argent et d’énergie dépensés pour rien ! Le sommet de tous les espoirs, de la dernière chance a déçu le monde.
Ainsi donc les grands et les petits de ce monde ne sont pas arrivés à s’entendre pour sauver notre planète, car il s’agit bien de cela. L’irresponsabilité, l’égoïsme des grands de ce monde sont apparus au grand jour. La volonté de certains, la pression de la rue et des ONG, n’ont pas suffi à faire plier les plus grands pollueurs que sont les USA et la Chine qui représentent à eux seuls la moitié des émissions de CO2. Les chefs d‘Etats ont été incapables de répondre aux attentes des milliards de citoyens de ce monde. L’accord qui n’est pas contraignant (on n’est même pas sur qu’il sera paraphé par tous d’ailleurs) comporte 3 pages, pour tout dire. Il comporte 3 points essentiellement :
Un appel est fait aux pays à affiner par écrit avant fin janvier, leur engagement de réduire les émissions de gaz et d’accepter le contrôle (transparence).
Nicolas Hulot a eu bien raison d’annoncer avant même la clôture du sommet être consterné, affligé. « Ce n’est pas de la tristesse mais de l’incompréhension ». Il regrette que l’Europe n’ait pas décidé de faire cavalier seul et d’assumer ses responsabilités indépendamment des autres. Donner l’exemple en espérant entraîner le reste du monde dans la même logique.
Après l’échec du sommet, les USA et la Chine notamment sont pointés du doigt. Kumi Naidoo, le directeur de Greenpeace a déclaré à l’issu du sommet qu’il était très déçu. Devant ces résultats, le combat ne peut que continuer, il envisage « de nouvelles formes de désobéissance civile et pacifique, même si nous devons remplir les prisons à cause de cela… » Pour Nicolas Hulot « On vient de rater une occasion historique ».
En fait, l’échec était prévisible pour ne pas dire programmé. Il n’y a qu’à voir le protocole de Kyoto. Des pays qui l’ont signé comme le Canada et la Nouvelle Zélande, mais ne l’on pas respecté sans être pour autant sanctionnés. Avant le sommet de Copenhague, il fallait faire le bilan de Kyoto. Il est négatif, à quoi servirait donc un autre accord si celui existant n’a pas été concluant, n’a rien apporté de palpable au monde. L’Australie et le Japon ont refusé tout accord si les USA ne s’engagent pas à réduire les émissions des gaz à effet de serre. Et les Américains ne veulent pas s’engager si les pays en développement ne s’impliquent pas, et prennent des engagements avec des actions réelles. Autant dire que c’est un langage de sourd. Obama a les mains liés, tout le monde le sait et on se demande l’utilité de sa présence à Copenhague. Le président américain est affaibli par la loi américaine sur le climat. Les lobbies ont réussi aux USA même à bloquer le paquet « Energie-Climat » d’Obama. Certains chefs d’Etat étaient bien otages des multinationales. Les intérêts politico-économiques ont primé durant ce sommet, au détriment de l’avenir de la planète, comme si nous avions une autre de rechange. Obama par exemple, a voulu faire l’effort envers pays du Sud, quitte à payer.
Les pays du sud ont bien demandé aux Etats développés de prendre leurs responsabilités car ils sont à l’origine de la situation. Devant la pression de ceux-ci, touchés par la pollution plus que les autres, celle des pays forestiers qui demandent des compensation pour arrêter la déforestation, le sommet n’a pas trouvé mieux que d’acheter le droit de polluer.
Et si l’occident commençait par consommer sans gaspiller ? Entre 30% et 40% des aliments finissent à la poubelle dans ces pays, à leur tête les USA. Cela correspond à d’importantes quantités d’eau, d’énergie, d’engrais, de pesticides, méthane... Que d’eau et d’énergie et de polluants pour rien !
Le Sud est le grand perdant. Jugez-en : si l’on ne limite pas le réchauffement à moins de 1,5 degrés, des milliards d’êtres humains se retrouveront sans abris et affamés (inondations, sécheresse etc). Tout rejet de carbone dans l’atmosphère doit être supprimé, pour éviter une apocalypse. Les Africains ont demandé le financement de projets relatifs à la réduction des gaz à effets de serre, et le transfert de technologie non productive de gaz. Pour une fois, les Africains étaient solidaires et leur position unifiée. Mais en demandant aux pays du Sud d’aller vers les énergies renouvelables, les occidentaux comptent bien sûr en tirer profit à moyen terme : relancer leur économies et trouver des débouchés sur le dos des Africains. Même l’OPEP est une cible, en voulant lui imposer unilatéralement une taxe carbone pour pollution (qui se chiffrerait à des milliards de dollars à moyen terme pour chaque producteur). L’organisation fait fronde pour rejeter cette taxe, d’autant plus que les pays vraiment pollueurs ne sont pas inquiétés.
Le protocole de Kyoto a été prolongé jusqu’en 2020 comme exigé par les pays africains, la Chine l’Inde et le Brésil, pour préserver les retombées financières qu’ils offrent aux pays du sud. Les Américains ne le souhaitaient pas (alors qu’ils ne l’ont même pas signé), car ces avantages sont contestés pour certains pays comme la Chine. En attendant, la prochaine réunion sur le climat se tiendra dans les six mois à venir à Bonn, avant un sommet à Mexico fin 2010. De qui se moque t-on ? Qu’apportera t-il de plus que le sommet de Copenhague, sur lequel ont travaillé des gens deux années durant, et qu’on avait annoncé comme le rendez-vous de tous les espoirs ?
Par Mus
