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Poète, dramaturge, nouvelliste etc, Mohia reste le père du théâtre d’expression amazigh. Son œuvre est grandiose, et la Kabylie doit s’en inspirer. Il mérite bien ce nouvel hommage, qui contribuera encore à mieux le faire connaître du grand public.
Nous n’allons pas revenir sur sa biographie et son oeuvre, qui ont déjà fait l’objet d’un article. Il s’agit pour nous d’apporter notre contribution à cet hommage.
La maison de la culture de Tizi Ouzou et le théâtre régional de Béjaïa (TRB), viennent organiser du 3 au 7 novembre, les 4èmes journées théâtrales. Un hommage a été rendu à l’occasion à l’homme, dont la flamme militante ne s’est éteinte qu’à sa mort le 7 décembre 2004, à l’âge de 54 ans. Trois représentations ont eu lieu dans la grande salle de la maison de la culture. La première est de Mouloud Mammeri, « Le Foehn », adaptée et mise en scène par Djamel Abdelli et présenté par le TRB. La pièce est un plaidoyer contre le fait colonial et une réflexion sur la vérité et la justice. Mammeri s’est inspiré de la bataille d’Alger pour l’écrire.
L’autre pièce est de Mohia, un one man show présenté toujours par le TRB le 4. Il s’agit de « Urgagh mutagh » (La mort en cauchemar), et interprété par un Samy Allam, époustouflant. Cette tragédie-comédie raconte l’histoire d’un homme qui s’est vu dans son sommeil renversé et tué par une voiture. Alors que son corps est en décomposition. Pendant que les mouches et autres bestioles s’attaquent à son corps, sa vie défile avec ses hauts et ses bas devant lui, comme un film… Avec Mohia c’est cela, l’absurde et le tout-dérision.
La troisième pièce au programme est de Mohia également. Il s’agit de « Sin nni » (ces deux là), mise en scène par Latrèche Mihoub, et interprété par un duo qui maîtrise fort bien son sujet. C’est l’histoire de deux Kabyles de Paris, l’un est étudiant et l’autre ouvrier. Ils occupent une chambre dans un sous-sol, pour ne pas dire une cave, sans fenêtre, sans eau courante, sans chauffage etc. Drôle, loufoque et parfois émouvante, cette cohabitation entre deux êtres qui n’ont de commun que celui d’être natifs de Kabylie. Une tragi-comédie magistralement interprétée ce dimanche 6. Une fausse note concernant cet hommage, l’heure à laquelle ont été programmées les pièces, 14 heures.
Ce 7 décembre, est prévu un recueillement sur la tombe de Mohand Ouyahia, dit Mohia, à Ath Rbah près d’Azazga.
Par A.Z





