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Medelci, notre ministre des affaires étrangères a fini par s’exprimer. Non pas pour réagir à la campagne anti-algérienne des Egyptiens, mais parce qu’un journaliste saoudien l’a sollicité pour répondre à quelques questions. Et pour une fois qu’il parle de ces événements il commet une maladresse de taille.
A la question de savoir si l’Algérie va s’excuser auprès de l’Egypte, il a répondu : « Avons-nous exigé nous-même des excuses après ce qui s’est passé au Caire ? » En répondant ainsi, Medelci reconnaît implicitement qu’il s’est passé quelque chose à Khartoum, que les Algériens ont lavé l’affront du Caire. Sinon il aurait juste répondu que nous n’avons aucune raison de demander pardon, nous ne sommes pas les agresseurs. Cette interview est intervenue quelques jours après que le ministre des affaites étrangères d’Egypte, ait déclaré : « Les Algériens sont habitués aux morts… », référence aux agressions du Caire. Entendez qu’il y a bien eu des morts d’Algériens au Caire, ce qu’a toujours récusé Medelci. Les autorités algériennes ont réagi bien violemment pour beaucoup moins que ça, juste des mots parfois, lancés de l’autre côté de la méditerranée.
Le long silence des autorités algériennes est en train d’être récupéré par les Egyptiens, et à leur compte, eux qui n’ont pas cessé de se comporter en victimes. Qui ne connaît pas ces gens du bord du Nil, pour être de grands comédiens ? Ils excellent dans l’art de retourner n’importe quelle situation et événement en leur faveur. D’agresseurs ils finissent par convaincre qu’ils sont victimes. Même les défaites sont miraculeusement transformées en victoires. Il n’y a qu’à se rappeler la déroute de l’armée égyptienne en 1967 et en 1973 devant les Israéliens. N’ont-ils pas ôtés leurs chaussures pour fuir plus vite, et abandonner les Algériens (venus se battre pour eux) au front dans le Sinaï ? Et pourtant à la fin des hostilités, ils criaient victoire, et le peuple du Caire manifesta sa joie.
Après Egypte-Algérie, les Egyptiens n’ont-ils pas fait la fête, alors qu’ils n’ont pas pu se qualifier au Caire ? Et puis ils vont jusqu’au bout de cette logique : l’Egypte rappelle son ambassadeur à Alger (à ce jour), exige des excuses, refuse d’organiser le championnat d’Afrique de hand ball (même si elle s’expose aux sanctions) parce que l’Algérie est présente.
Après toute cette campagne des plus hostiles, l’Algérie n’est-elle pas en train de glisser dans la peau d’un coupable ? Ou alors s’apitoie t-elle sur sa victime qu’elle aurait agressée ? L’acharnement des Egyptiens via les médias finira par porter ses fruits ? Ils le savent bien par expérience. Ne soyons pas étonné que la FIFA sanctionne notre pays. Les autorités algériennes par contre ne semblent pas avoir retenu les leçons de l’histoire, pour connaître qui est qui (Rappelons-nous juste l’affaire Belloumi, il a fallu 20 ans et des milliers de dollars à ce qu’il paraît, pour que l’Egypte retire sa plainte).
Le pouvoir algérien se comporte comme un agneau devant un méchant loup. Lequel agneau n’ose protester, dans l’espoir qu’il soit compatissant et qu’il l’épargne. Chakib Khellil, notre ministre de l’énergie va se rendre au Caire, où se tiendra une réunion de l’OPEP, le 6 de ce mois. On annonce qu’il ira en visite officielle par la même occasion. Il est question de la création d’une société mixte Algéro-égyptienne, pour l’exploration des hydrocarbures. C’est le début de la fin.
Nous allons finir par croire que ce silence s’impose de lui-même, car les investissements égyptiens en Algérie seraient « louches », et que les nôtres auraient peurs de révélations. On a bien senti que ce qui s’est passé au Caire et à Khartoum, met mal à l’aise bien des personnes. Alors on se tait, on gagne du temps, on cherche comment en sortir, tout en préservant intacte « la fraternité ». Si la haut ils sont près à passer l’éponge, pour des intérêts occultes, le peuple est-il prêt à faire autant? Pas sûr du tout, c’est pourquoi les autorités algériennes restent pour l’instant prudentes, silencieuses, courbent l’échine, à contre courant avec le peuple, pour encaisser les coups lancés du côté du Nil.
Par Mus
