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Alger a renouée ce lundi avec les émeutes. Les habitants de la cité communément appelée « Diar Echems » (Les maisons du soleil) sont sortis crier leur colère. Ne vous fiez pas au nom de la cité, car elle le porte mal.
A l'origine semble t-il, le projet de destruction d'un bidonville du quartier, sans promesse de relogement et les conditions d'habitat. Plus de 1500 familles habitent ce quartier mitoyen de Riadh El Feth, du sanctuaire du martyr. Pas loin également de la présidence et du ministère des affaires étrangères.
Des dizaines de jeunes cagoulés et torses nus sont donc descendus dans la rue, pour clamer le ras le bol de ces familles en barrant des routes et brûlant des pneus. Les forces de l'ordre sont vite intervenues, et d'une manière musclée, pour circonscrire l'émeute et l'empêcher de s'étendre à d'autres quartiers d'Alger. Elles ont usé de canons à eau et de bombes lacrymogènes pour disperser la foule, alors que les jeunes répondaient par des jets de pierres. On dénote plusieurs blessés parmi les deux parties, après plus six heures d'affrontements.
Ceux qui connaissent ce quartier des hauteurs de la capitale comprennent bien le désarroi de ces gens. Le logement de la cité est tellement vétuste qu'il ne peut accueillir toute une famille, devenue nombreuse au fil du temps faute de logements. Les garçons passent la nuit dehors à errer, ou emmitouflés quelque part à l'abri pour permettre aux sœurs de dormir. Dans des appartements minuscules qui ne dépassent pas les 40 à 50 mètres carrés, où l’on dort à tour de rôle, s’entassent jusqu'à 15 personnes. Ayant attendus vainement des logements (d'ailleurs ils le disent bien « Depuis 40 ans les logements c'est toujours pour les autres, on nous a totalement ignorés »), beaucoup se sont rabattus sur l'unique solution, à savoir squatter des bouts de terrain. C'est ainsi qu'est né le bidonville en question et dont on veut les déloger.
A noter que ni la télévision algérienne, ni la presse n'a fait état de cette émeute. Avec l'absence de dialogue et la sourde oreille des autorités, les algériens ont développé la culture de l'émeute. Il ne se passe pas un jour sans au moins une émeute quelque part, même dans les coins les plus reculés du pays.
Par Mus.
