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Ça y est c'est fait, le tribunal de Westminster de Londres a rendu son verdict concernant l'affaire: il a donné son accord pour extrader Moumen Khalifa vers Alger. Condamné à perpétuité par contumace lors du procès qui s'est déroulé à Blida en janvier 2007. Si jamais l'extradition devient effective, il doit être équitablement rejugé, comme l'exige la justice anglaise. Nous disons si, car il y a recours, la procédure peut traîner des mois sinon des années.
Selon les avocats, si l'affaire venait à être rejugée, tous les témoins, les autres accusés, les ex ministres et ceux en fonction et autres cadres concernés de près ou de loin, seront appelés à la barre. L'affaire n'a pas encore révélé tous ses secrets, car on ne peut pas croire que Moumen ait pu bâtir un tel empire sans soutien, sans complicité et peut être même sans associés tapis dans l'ombre. Si cela arrivait vraiment, il faudrait condamner des dignitaires du régime. Khalifa a lui-même menacé de révéler des noms, ce qui sonne comme un message à ces gens-là qui n'avaient donc pas intérêt à ce qu'il soit extradé. Même si on a voulu nous faire croire le contraire. Nous faire croire que la justice algérienne veut vraiment Khalifa, au risque d'éclabousser la république, c'est ce moquer du peuple.
Juste avant que la justice anglaise ne rende son verdict, Bélaïz (Ministre de la justice) avait déclaré que l'Algérie respectera sa décision quelle qu'elle soit. Cela sonne comme un souhait que la demande algérienne n'aboutisse jamais, car il faut l'admettre, c'est une affaire fort embarrassante. Après tout, la justice algérienne a fait son travail, elle s'en lave les mains. Notre ministère a également réagi à l'annonce de la décision du tribunal anglais avec satisfecit « Cette décision est une victoire pour la justice algérienne. Il s'agit d'une attestation d'excellence, octroyée par la justice britannique à son homologue algérienne ».
Tout porte à croire que l'Algérie se contentera de ça. En fait, la demande d'extradition n'aurait été faite que par contrainte, après moult hésitations on dirait. Elle devait normalement suivre immédiatement la condamnation. Et pourtant celle-ci n'a été formulée que 8 mois après (octobre 2007), même si tour à tour Bélaïz (ministre), Dembri (ambassadeur d'Algérie à Londres) et Ksentini (commission nationale des droits de l'homme) ont soutenu le contraire. C'est l'ambassadeur britannique à Alger lui-même qui a démenti le 20 novembre 2007: «La demande algérienne vient juste d'être déposée et il n’y en a jamais eu d’autres avant ». C'est à croire que la justice algérienne était dans l'embarras, mais se devait de demander l'extradition sinon le procès et la condamnation de Khalifa n'auraient aucun sens. Et maintenant après le « satisfit » algérien que va t-il se passer ? Il y a fort à parier que le dossier Khalifa sera clos, comme celui de dizaines d'autres affaires.
Comme en Algérie une affaire suit l'autre, celle récente de la BNA nous rappelle celle de Khalifa. Pendant des années des personnes encaissaient des chèques sans provision, il a fallu une lettre anonyme pour révéler l'affaire. La justice a condamné pas moins de 20 personnes, dont 4 à 18 ans de prison, et acquitté le PDG pour absence de preuves. Quelles preuves ? A t-on besoin de preuves pour sanctionner un responsable d'une boîte, de laquelle sont sortis irrégulièrement et durant des années des milliards ? C'est ça l'attestation d'excellence monsieur le ministre ? Sauf si les PDG ne sont là que pour toucher de gros salaires, sans encourir aucun risque, en sus.
Durant le procès, même le montant de la dilapidation différait d'une source à une autre (21 milliards de DA pour l'expertise, 32 pour la presse et enfin 35 pour le parquet général). Et puis où est passé tout cet argent ? Allez-y comprendre quelque chose.
Par Mus
