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Il n'y a pas longtemps, on nous disait que l'affaire des détenus algériens en Libye allait connaître incessamment un dénouement.
On s'en souvient, le fils de Kadhafi, Seif El Islam (L'épée de l'Islam), venait de faire un séjour à Alger où il avait rencontré des responsables algériens. La Libye était disposé à les libérer mais sous forme d'échange avec les Libyens détenus en Algérie. Et là, on se demande si les arrestations d'algériens en Libye n'étaient pas préméditées, pour déboucher sur cet échange qu'a réclamé Seïf El Islam. L'Algérie a refusé dans un premier temps mais on s'est acheminé vers ce compromis.
D'après le ministre de la justice, il n'y aurait plus aucun prisonnier libyen en Algérie. La dizaine arrêtée dans leur majorité pour cause d’activité terroriste, a été graciée fin 1998. De quel échange parle t-on alors ? Il est clair qu'on nous cache quelque chose et cela sent même une affaire d'Etat. On a annoncé cet échange avant le 20 juin, mais rien pour l'instant. Jusqu'à quand les autorités algériennes continueront-elles à manager ce dictateur, à manquer de fermeté vis à vis de quelqu'un qui piétine ouvertement le droit international ?
Selon les témoignages, la majorité des 89 détenus algériens, l'ont été arbitrairement sur de simples témoignages de libyens. Les dossiers sont souvent vides. Les détentions préventives en Libye durent des années et sont souvent injustifiées. Pendant ce temps, ces prisonniers sont en train de mourir l'un après l'autre. Après un 1er décès il y a moins d'une semaine, un deuxième vient de rendre l'âme, celui-ci dans sa chambre d'hôtel alors qu'il venait d'être libéré après un an et demi de détention. Les deux sont morts d'hépatite C. Deux sont déjà décédés en 2008. Il faut savoir que la Libye n'a signé aucune convention, notamment celle de 1951 pour la protection des réfugiés. De ce fait toutes les personnes qui rentrent et séjournent sur son territoire sans autorisation sont systématiquement emprisonnées, indépendamment de leur statut. Cela ne veut pas dire qu'il n’y a pas des délits du tout. Les peines pour lesquelles ils sont condamnés, vont de l'amputation de la main, à la peine de mort en passant par la perpétuité.
C'est ainsi que des dizaines d'algériens croupissent dans les geôles de Kadhafi, sans jamais avoir la visite de qui que ce soit, même de la représentation algérienne en Libye. Sauf celle récente d'un des prisonniers. Déjà en juillet 2008, ils avaient déclenché une grève de la faim pour alerter les autorités algériennes sur leur sort. Mais l'alerte est venue surtout du collectif des familles des prisonniers, qui a médiatisé l'affaire. Les autorités algériennes ont commencé alors à s'en inquiéter mais timidement. Ignoraient-elles que des algériens étaient dans les prisons libyennes et souvent arbitrairement ? Selon notre ministre de la justice il y en a 57, alors que les Libyens ont annoncé la grâce de 80 prisonniers. Pourquoi n'a t-on rien fait jusque là ? Que voudrait donc Kadhafi, et que le pouvoir algérien aurait du mal à lui concéder?
Par A.Z
