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Mohamed Boudiaf a été assassiné en direct à la télévision, c’était le 29 juin 1992. Les Algériens qui étaient devant le petit écran, n’en croyaient pas leurs yeux. Après 17 ans, aucun hommage ni des autorités, ni de l’Organisation Nationale des Moudjahidin (ONM) alors qu’il était des leurs, encore moins du FLN dont il fut l’un des principaux fondateurs, le militant N° 1.
A l’indépendance, il fut condamné à mort par ses compagnons de lutte, parce qu’il a crée son propre parti. Il s’exile au Maroc en 1964. En janvier 1992 il répondit malgré tout à l’appel de la patrie croyait-il, après un exil de presque 30 ans au Maroc. Chadli venait de « démissionner », l’Algérie était assise sur une poudrière (la suite on la connaît). Dès sa prise de fonction en tant que chef de l’Etat, il a dissout le FIS, annonça que le FLN est mort en 1962, et promet de s’attaquer à la corruption, aux privilèges…Par son franc parler, usant de l’Arabe courant, il redonna confiance en quelque mois à une jeunesse qui venait de le découvrir, et à tout un peuple. Il a apporté l’espoir, mais en Algérie, on ne laisse pas vivre l’espoir. Après 17 ans, ce même peuple qui l’a pleuré semble l’avoir oublié. Une pensée pour ce patriote « Tayeb El Watani ».
Le 29 juin 1993, à l’appel du Rassemblement pour la Culture et la Démocratie (RCD), des milliers de personnes marchent à Alger pour exiger la vérité sur l’assassinat du Chef de l’Etat. Des grenades sont lancées au milieu de la foule, un véhicule passe, des hommes tirent : Chabane Rabah et Méziane Mohamed, tous deux de Tadmaït, sont mortellement touchés, plusieurs autres s’en sortent avec des blessures.
A cette occasion du 16ème anniversaire, une délégation du RCD conduite par Saïd Sadi s’est rendu ce 29 juin 2009 dans la ville, pour un hommage à ces deux martyrs. Tadmaït n’a pas oublié.
Par A.Z
