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La république islamique a-t-elle atteint ses limites après 30 ans ? Au vu de ce qui se passe, on le penserait volontiers. Les élections ayant donnés Ahmadinejad vainqueur, l'opposition a tout de suite contesté ces résultats. Moussavi, le deuxième avec 33,75% des suffrages, a déclaré qu'on lui a confisqué la victoire.
Malgré l'interdiction et les menaces, la population composée notamment de jeunes et d'étudiants, continue de manifester depuis plus d'une semaine, pour réclamer l'annulation du scrutin. Moussavi, un ancien premier ministre conservateur mais qu'on dit « modéré », se voit ainsi bénéficier du désir de changement, du ras le bol de la jeunesse d'une république islamique trop contraignante, où tout est interdit.
En fait, on a assisté à un vote sanction, même si Moussavi n'incarne pas le changement tant désiré par le peuple. L'absence de toute liberté, s'apparente tout à fait à une dictature sous couvert de Dieu. Les slogans sont très significatifs: « Mort à la dictature », « Où sont les 24 millions d'électeurs », « Qui a voté pour ce singe (Ahmedanejad) ? »... A travers un soutien à Moussavi, ils veulent se débarrasser du président sortant, tout en réclamant des changements.
Les manifestations ont été réprimées ces derniers jours faisant pas moins d'une dizaine de morts et plus d'une centaine de blessés. Des dizaines de journalistes et de réformateurs ont été arrêtés, la presse étrangère interdite de sortie des hôtels.
Le guide spirituel l'Ayatollah Khomeini a appelé à la raison, lors de la prière du vendredi. Tout en confirmant que la victoire du président sortant ne souffre d'aucune anomalie, il a proposé un « recomptage » de 10% des urnes prises au hasard, et à menacé l’opposition si les manifestations ne cessaient pas.
Non seulement les contestataires sont redescendus dans la rue ce samedi, mais un attentat suicide a été commis dans l'enceinte du mausolée de l'imam Khomeini, père de la révolution islamique. Ce geste fort symbolique avant tout, remet en cause tout ce qui est incarné par l'homme qui a renversé le Shah (empereur) il y a 30 ans, notamment l'avènement de la république islamique. Après 3 décennies les Iraniens se rendent comptent que le régime des mollahs, est bien pire que celui de Mohamed Reza Pahlavi, empereur d'Iran jusqu'en 79, forcé à l'exile (Il décéda une année après au Caire).
Suite aux manifestations, le dernier fils du Shah, Reza Pahlavi, a appelé des USA le peuple Iranien à « la désobéissance civile non violente pour mettre fin à la théocratie ». Il faut dire aussi que malgré le muselage des médias Iraniens, les contestataires arrivent à communiquer en s'envoyant des messages, grâce à l'Internet et au téléphone mobile.
L'Iran compte pas moins de 22 millions d'internautes (3ème au monde), ce qui est un atout considérable pour mener à bien, ce qui semblerait prendre la tournure d'une autre révolution Iranienne.
Ils reçoivent ainsi des messages de Moussavi, d'autres dirigeants opposants, et aussi de la communauté Iranienne établie à l'étranger, les encourageant à maintenir la pression sur le pouvoir, à ne pas céder aux intimidations.
Moussavi a annoncé ce samedi ne pas renoncer, et qu'il était près au martyr pour son peuple. Après la leçon du peuple du Niger, qui a rejeté l'idée même d'un référendum pour l'amendement de la constitution, afin que Tandja brigue un 3ème mandat, voici une autre leçon du peuple d'Iran. A méditer, en attendant la suite des événements.
Par Mus
