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n effet, cette manifestation économique qui se tient depuis samedi au Palais des Expositions, Pins maritimes à Alger survient dans un contexte marqué par la crise financière mondiale. En l’espace de quelques jours, les prix de l’acier ont connu sur le marché international une baisse de l’ordre de 50% et les autres produits ferreux ont enregistré entre 20 et 30% de baisse. Dans une telle conjoncture les regards bien sûr sont braqués sur ce qu’on a toujours appelé le fleuron de l’industrie algérienne, à savoir le complexe El Hadjar repris à 70% par le géant mondial indien Lakshmi Mittal. Le complexe, désormais dénommé Arcelor Mittal Annaba, fait aujourd’hui les frais des dysfonctionnements de l’économie mondiale après qu’il eut «dans les années socialistes» fait les frais des dysfonctionnements de l’économie nationale. M. Brahim Merad, vice-président de Arcelor Mittal Algérie, dont la participation au débat était pourtant prévue, a brillé donc par son absence, laissant le soin à MM. Chettih Messaoud, ex-P-DG de Sider et expert, Mohamed-Laïd Lachgar, SG de l’Union arabe du fer et de l’acier (UAFA) et Kamel Agsous, P-DG des Fonderies algériennes, de répondre aux questions des journalistes. Arcelor Mittal Annaba, qui fonctionne à 50% de ses capacités, produit annuellement près d’un demi million de tonnes d’acier alors que l’Algérie a besoin de 5 millions de tonnes. C’est l’importation évidemment qui arrive à satisfaire complètement la demande. Chaque année, le pays importe entre 2,5 millions et 3 millions de tonnes. Mittal qui assure 10% de la production mondiale en acier «est en mesure de résister à la crise», soutient Agsous. Ce dernier trouve «normale» la réaction du géant indien qui, selon lui, a opté pour un arrêt de quelques mois de certaines unités de sous-traitance pour réduire la production ainsi que les dépenses mais sans toucher aux effectifs. «Seule la sous-traitance est touchée par la crise», a-t-il souligné. En Algérie, Mittal s’est cassé les dents car les mois passés et ce, avant que ne survienne la crise, il avait fait provision de matières premières à coût très élevé. Contraint de baisser ses prix, il se retrouve dans la situation de celui qui a investi à perte. Seuls les consommateurs se réjouissent de cet état de fait et leur bonheur a toutes les chances de se prolonger tant que les stocks sont encore importants. Est-ce que la privatisation, le partenariat ont réussi à réduire la facture de l’importation en Algérie ? Telle est la question qui est revenue le plus souvent dans la bouche des journalistes. Messaoud Chettih tente de nuancer le propos et surtout de ne pas heurter Arcelor Mittal. «Le partenariat algéro-indien a réalisé, rappelle-t-il, 400 000 tonnes annuelles ; s’il ne satisfait pas encore la demande nationale, il faut reconnaître qu’il a réduit d’une manière aussi infime soit-elle l’importation», et d’ajouter : «Mittal a formé 60 000 personnes». Pour l’ex-P-DG de Sider,
«le complexe d’El Hadjar présente une infrastructure vétuste datant de 40 ans dont la restauration exige, précise-t-il, 500 millions de dollars». Circonstances atténuantes mais aussi suggestion à Mittal sur ce qu’il doit faire pour relancer l’usine de Annaba. Si Lagsous n’a pas donné l’impression d’apprécier le qualitatif de «crise du capitalisme international» se demandant s’il s’agissait de
«crise conjoncturelle ou structurelle», Mohamed-Laïd Lachgar, quant à lui, approuve l’idée. Il illustre ses propos en rappelant les dispositions prises par les Etats-Unis et les pays européens pour endiguer la crise financière, estimant que l’intervention de l’Etat dans le domaine économique en est l’indice probant. Mais il estime toutefois que «la privatisation dans le monde arabe a porté ses fruits, car à ses yeux elle a pu assurer près de
80% de croissance». Lagsous croit tout de même qu’on n’est pas encore arrivé à la dépression, «si cela devait arriver, beaucoup d’entreprises seront alors obligées de mettre la clé sous le paillasson et de licencier leur personnel», regrette-t-il. Il se livrera ensuite à un exercice périlleux en soutenant que le capitalisme n’a pas échoué avant de déclarer que «le G8 vient de décider que l’Etat n’a rien à voir avec le marché et que l’Etat, pour sauver le marché, devra aider les riches afin que ceux-ci puissent aider les pauvres».
Source : Le jour d'Algérie
