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Notre ministre était tout enthousiaste de commenter les résultats des examens du premier palier : « Les résultats sont extraordinaires...ce sont les meilleurs depuis l'instauration de cet examen». Et pour cause, avec une moyenne qui avoisine les 90%, il y a de quoi pavoiser. Il avance même que ce sont les fruits de la réforme. Il s'est contredis plus tard, en disant que la réforme ne peut être évaluée que dans 4 ou 5 ans.
Les vérités sont ailleurs, tout le monde sait que nos examens sont devenus politiques, gangrénés par le populisme. L'examen de passage au moyen est une mascarade, tout le monde le sait et on fait comme si de rien n'était. Selon certaines indiscrétions les sujets seraient d'une facilité déconcertante, et l'on aurait repêché jusqu'à 8/20 pour atteindre ce taux. Pour les quelques 10% de recalés il y a une 2ème session fin juin, ce qui permettra d'atteindre les 95 ou 96%, des chiffres qui nous rappellent les élections à l'algérienne.
Ce que Benbouziz omet de dire ou feint d'ignorer, que deviennent tous ces potaches au cycle moyen. Il suffit de se rapprocher des enseignants de ce cycle, pour se rendre compte que c'est l'hécatombe. Pour eux, 50% n'arrivent pas à suivre, et n'arrivent pas à expliquer que des élèves ayant obtenus de bonnes notes à l'examen, n'arrivent pas à dépasser les 6 ou 7 de moyenne au collège. C'est là qu'est la vérité, parce qu'un examen on peut toujours le manipuler pour donner les chiffres qu'on veut. Comme pour les élections.
Et le BAC 2008, qui s'en souvient ? Pour faire face à la contestation des lycéens, on supprime telle et telle thème, on propose deux sujets très gentils et on rallonge d'une demi-heure la durée des épreuves, on assouplit les corrections... Toutes les conditions nécessaire pour relever le taux de réussite, et il a été exceptionnel. Ce qui fera dire à des lycéens: « Celui qui n'a pas eu son BAC cette année ne l'aura jamais ». Mais là aussi la vérité il faut aller la chercher ailleurs, à l'université. Une bonne part des étudiants n'arrive pas à suivre. Ce n'est pas difficile à vérifier, monsieur Benbouzid, il suffit de se rapprocher des professeurs des universités, d'aller voir les résultats affichés.
Pour cette année encore il a annoncé la couleur « Des résultats appréciables sont attendus ». Comme s'il parlait d'un champ de maïs où l'on peut prévoir une bonne ou mauvaise récolte. Comment sait-il qu'ils seront bons, peut-être tout comme ses compères, grâce au miracle d'une baguette, il nous sortira les chiffres qu'il faut. On le fait bien pour les élections non. Et tout le monde il sera beau, tout le monde il sera gentil. Il suffit de demander aux candidats ce qu'ils pensent des sujets cette année, ils sont tous unanimes à reconnaitre qu'ils sont abordables. Il faut bien en finir avec cette dernière promotion de l'école fondamentale. Les conséquences on s'en fout, ce sont les enseignants qui trimeront par la suite.
Depuis quelques années, la phobie de voir trop de jeunes dehors s'est emparée du pouvoir. Devant son incapacité à proposer des débouchés, on les garde le plus longtemps possible dans les différentes institutions éducatives. Notre ministre a même rassuré les candidats au Bac, en promettant que les recalés garderont leurs places dans les lycées. Les établissements scolaires ont ainsi perdu leur vocation pour devenir des garderies. C'est le résultat de la politique populiste de ces dernières années. Pendant ce temps, les enfants des uns et des autres sont bien placés. Il y en a à l'étranger, dans les lycées Descartes et Ben Aknoun.
Par Mus
