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Après le pétrole, les bananeraies et autres richesses, voilà que certains présidents africains se lancent carrément dans le bradage des terres. Il s'agit de concession de terres agricoles à des investisseurs étrangers. Ce qui nous rappelle un épisode noir de son histoire, la colonisation.
Nous y voilà, l'Afrique n'est-elle même pas en mesure d'exploiter ses terres ou est-ce une manne supplémentaire pour les gouvernants ? On aurait compris le souci des autorités, s'il s'agissait de terres non cultivées ou non cultivables en l'état, et qui sont à mettre en valeur. Pas du tout, puisqu’on octroie les meilleures et les plus irriguées. Où est l'intérêt dans ce cas?
Les populations locales ne sont même pas consultées, et ne comprennent pas ce qui se passe à leur insu. Ces terres sont-elles cédées pour qu'ils deviennent ouvriers? Il faudrait encore qu'il y ait de la place pour tout le monde. Ce qui paraît improbable avec la mécanisation de l'agriculture dans les pays développés. Ce qui est encore plus frappant ce sont les droits de cessions, qui varient entre 5 et 10 dollars l'hectare et l'année, selon les pays. C'est carrément du bradage, et l'on se demande à qui va profiter cette situation. Des millions d'hectares ont déjà été cédés à Madagascar, au Soudan, en Éthiopie, au Mali etc. D'autres pays sont en voie de suivre.
Le Fond International de Développement Agricole (FIDA) et l'Agence pour l'Alimentation et l'Agriculture (FAO), ont déjà manifesté leur inquiétude face à cette situation. Surtout que les populations rurales ne sont même pas consultées, et leurs intérêts non pris en compte dans les négociations. Mais en Afrique qui se soucie des peuples ? Les guerres civiles qui éclatent ça et là, ne devraient-elles pas leur donner à réfléchir ? Les Africains n'ont-ils pas suffisamment faim, pour les affamer encore plus?
Par Mus
