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Après avoir adapté et mis en scène magistralement « Le fleuve détourné » de Rachid Mimouni (1er prix au festival national du théâtre professionnel en 2007), Omar Fetmouche directeur du théâtre de Béjaïa nous surprend de nouveau. Il vient ce weekend de présenter sa dernière production à la maison de la culture de la ville. Il s'agit de l'adaptation du roman de Tahar Djaout « Les vigiles ».
Fetmouche, même s'il a apporté quelques touches personnelles est restées fidèle au roman. Cette adaptation se veut aussi un hommage à celui qui dérangeait tout le monde, y comprit les tenants du pouvoir, et qui demeure un symbole de la résistance au fanatisme. Il a été assassiné en 1993 par un gamin, surement inculte et analphabète.
La mise en scène a révélé une fois de plus le talent de Fetmouche. Avec l'interprétation des rôles alternée de chants et de danses. La narration sublime, par une jeune fille de 15ans de textes du roman, a contribué à mieux saisir le sens de la pièce.
Le public venu nombreux a eu à apprécier l'interprétation de premier ordre de la troupe, composée de neuf jeunes personnes dont quatre filles, ce qui n'était pas évident pour une telle pièce. Il n'a cessé d'applaudir, et par moment ne pouvait se retenir de se lever et de le faire longuement. Il faut dire aussi que le sujet est toujours d'actualité. La pièce est une attaque en règle contre l'ignorance et la bêtise humaine, incarnées par des décideurs qui voyaient le mal partout, dès que la chose ne venait pas d'eux.
Elle raconte l'histoire tragicomique d'un enseignant à l'université, qui passait le reste de son temps à bricoler. Jusqu'au jour où il inventa un métier à tisser, ses malheurs ont commencé quand il a entreprit de le breveter. Il se retrouva malmené par une enquête policière, diligentée par les vigiles (ceux du système et qui protègent les fortunes rentières). Son projet était considéré comme une source de déstabilisation du pays, par un système où la suspicion était omniprésente. Cet universitaire a été en plus soumis à une enquête interminable, quand il a sollicité un passeport. Ce qui l'a rendu encore plus suspect à leurs yeux. Ces gens-là étaient tellement ignorants qu'ils avaient peur de leurs ombres, que tout ce qui n'émanait pas d'eux était suspicieux. Il faut dire que dans une certaine mesure ça n'a pas beaucoup changé, maintenant ils voient la main de l'étranger partout.
Par Mus
