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Le 16 février 2009, le pouvoir (L'ex président Musharraf) pakistanais fait une concession aux talibans, installés au nord-ouest à la frontière avec l'Afghanistan : instauration de la charria (loi islamique) dans la région du Swat. Aussitôt dit, aussitôt fait, plus de petites filles à l'école, interdiction aux femmes de sortir, plus de musique, lapidations... Devant ce qu'ils ont considéré comme un aveu de faiblesse du pouvoir pakistanais, non seulement ils n'ont pas déposé les armes mais ils se sont mis à étendre leurs pouvoir sur d'autres régions.
Ils n'étaient plus qu'à 100 km de la capitale quand l'armée régulière a décidé d'une offensive. Les combats qui durent depuis plusieurs semaines ont fait selon les responsables de l'armée, un milliers de morts parmi les talibans. Mais des renforts afflueraient surtout de l'autre côté de la frontière (Afghanistan). Le Haut Commissariat aux Réfugiés (ONU), a annoncé quand à lui plus de deux millions de civils fuyant les combats, pour se réfugier dans des camps de fortune. D'où un appel à une aide humanitaire urgente.
Selon les observateurs l'offensive ne viserait pas à l'élimination des talibans, mais juste à les cantonner dans leurs fiefs traditionnels. Il serait étonnant qu'elle veuille en finir avec eux. Surtout qu'ils bénéficient de soutien non avoué de la part des services de renseignements pakistanais. Ces services et même l'armée sont bien infiltrés par les islamistes et le Pakistan n'est pas loin du chaos selon des experts. Cela ne sera pas sans conséquence, surtout que ce sera aussi une grande victoire d'Al-Qaïda, déjà bien implanté dans le pays.
Plusieurs voix se sont élevées au Pakistan pour arrêter l'offensive. Voilà ce que cela coûte quand on est complaisant avec les islamistes, durant des décennies, pensant qu’ils ne menaçaient pas le pouvoir.
Un chef religieux « modéré » a déclaré que l'armée doit se débarrasser des talibans, soutenus par Al-Qaïda, sinon ils vont s'emparer du Pakistan. Quand on sait que ce pays dispose de l'arme nucléaire, il y a de quoi donner froid au dos. Le président actuel entendra t-il cet avertissement ? A t-il vraiment le pouvoir de mener un combat sans merci contre les talibans ? Non selon les experts.
Par A.Z
