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Alors que l'Algérie tente de se positionner parmi les destinations touristiques, nos voisins le Maroc et la Tunisie, ont atteint respectivement les chiffres de 8 et 7,05 millions de touristes en 2008. Un nombre qui ne cesse d'augmenter d'année en année, surtout quand on sait que le secteur du tourisme est la principale source de revenus pour ces deux pays.
Toutefois, la crise économique mondiale n'épargnera pas ce secteur. Les appréhensions se font déjà ressentir quant aux perspectives de l'année en cours. Elles s'annoncent mauvaises, et nos voisins qui dépendent beaucoup de ce secteur affinent déjà leurs armes. Les responsables du tourisme dans ces pays, se sont engagés à ne lésineront sur aucun moyen pour minimiser les dégâts. Plusieurs plans ont été élaborés dans ce sens. Nous citerons notamment le plan "Cap 2009 " dont l'initiative revient au ministre du tourisme marocain, qui prévoit un effort de promotion en direction de l’Europe, mais aussi des pays du Golf et de la Russie. Coté tunisien, le département du tourisme aurait annoncé la mise en place d'une cellule de veille au sein de l'office national du tourisme (ONTT). Elle sera chargée de suivre les développements de la situation économique mondiale et spécialement sur le marché européen. Le ministre tunisien du tourisme, M. Lajimi, a par ailleurs annoncé l'élaboration d'une carte touristique et culturelle. Elle constituera un mécanisme cohérent et précis, pour aider les intéressés à moderniser le produit et à mettre en valeur les spécificités de la Tunisie. Il a également indiqué, que son département s'attèle à attirer de nouvelles catégories de touristes à fort pouvoir d'achat. Il s'agit de ceux visitant la Tunisie en dehors des périodes de vacances habituelles, et intéressés par le golf et la thalassothérapie, ainsi que les touristes des congrès et conférences internationales. En somme le plan « anticrise » de ces pays maghrébins concernera tous les acteurs, de la promotion à la qualité des services, des investissements à l’encouragement du tourisme intérieur. A tous les niveaux il faudra selon eux, faire des efforts et être vigilant. On comprendra que pour nos voisins, c'est une question de vie ou de mort.
Pour l'Algérie le tourisme continue d'en pâtir, malgré des atouts considérables, que nous envient nos voisins et bien d'autres pays. Selon A. Gouti, directeur de la communication au ministère de l'aménagement du Territoire, de l'environnement et du Tourisme « Le principal facteur est lié au fait que le secteur du tourisme, n’a jamais été inscrit parmi les priorités des pouvoirs publics ». Il affirme que « les autres facteurs, qui constituent les points de faiblesse de ce secteur sont relatifs notamment aux capacités d’accueil. Il y a aussi le manque de notoriété, l’image négative de l’Algérie et l’absence d’une synergie intersectorielle. Notre pays reste à ce jour, incapable de répondre aux aspirations des nationaux, encore moins d’attirer les touristes internationaux ». En Algérie, cela s'est passé comme si de tout temps, les pouvoirs publics appréhendaient l'affluence d'étrangers. Soit par culpabilité, soit qu'ils considéraient que l'algérien n'était pas digne de côtoyer des gens venus d'ailleurs, ils le considéraient comme du bétail. D'où cette crainte qu'ils nous jugent mal. Les pouvoirs qui se succédés en Algérie, ont toujours été obsédé par l'image qu'ils doivent donner du pays, même s'il faut mentir. La présence en masse de touristes n’était donc pas souhaitable, car ceux ci découvriraient l'Algérie telle qu'elle état.
Il faut dire aussi que les professionnels du tourisme ne sont pas assez agressifs. Les nouvelles technologies de l'information et de la communication ne sont pas encore exploitées. Le manque de publicité sur les sites web algériens en témoigne bien. Il y a un retard énorme à rattraper. Le ministre de l'aménagement du Territoire, de l'environnement et du Tourisme, exhorte ainsi les professionnels du secteur « à consacrer une partie des budgets au basculement sur internet ».
Pour revenir A. Gouti « la relance du secteur doit contenir un élément important, qui permettra à l’Algérie de se singulariser et de se distinguer pour pouvoir trouver une place sur le marché international du tourisme. Le schéma directeur de l’aménagement touristique (SDAT) s'oriente vers la spécialisation de banques publiques ou étrangères, pour le financement des projets du secteur. Quant à l’amélioration de la qualité des prestations touristiques, la nouvelle stratégie mettra l’accent sur le volet de la formation. Celle ci sera assurée par la toute nouvelle académie de formation en tourisme, où des règles strictes de conduites seront instaurées. Concernant les structures d'accueil, on enregistre un grand effort. En 2008, 191 projets ont été concrétisés, et il est attendu 90 autres pour 2009. Ces efforts suffiront ils à rendre attrayante la destination Algérie? Au que non. D' abord ils arrivent au mauvais moment, celui d'une conjoncture économique internationale défavorable. Surtout que la destination Algérie reste chère, plus chère que chez nos voisins. Il y a aussi le volet sécuritaire, que les autorités feignent d'ignorer. Peut-on parler de tourisme dans un pays où même les habitants, ne sont même pas en sécurité?
Par K-A
