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Le port de la Madrague est situé à l'ouest d'Alger, à quelques vingt kilomètres. C'est un endroit où il n'y a que des cabarets et des bars restaurants. Le plus prestigieux restent "Le Sauveur", tenu par un kabyle, comme la plus part des autres d'ailleurs.
C'est aussi un petit port de plaisance tout mignon, et une petite plage pour pas beaucoup de monde. Ce petit coin tranquille unique en son genre en Algérie, peut être, a résisté durant la décennie noire, pendant que les bars d'Alger et d'ailleurs fermaient sous la pression des islamistes. On vient de loin parfois pour déguster sur les terrasses, les spécialités culinaires essentiellement à base de poisson. Mais voilà, depuis quelques mois, ce que n'ont pas fait les intégristes, le font les pouvoirs publics. Les établissements sont fermés et scellés l'un après l'autre. Les gérants ne comprennent rien à ce qui leurs arrive, encore moins les habitués de ces lieux, notamment les étrangers.
D'après les victimes, la procédure est simple. La police arrive, elle inspecte les lieux, pour faire un rapport, relever les anomalies. Quelques jours après, elle revient procéder à la fermeture. Pour les gérants, la police s'est substituée aux services comme celui de la santé, du commerce ou de l'environnement, qui font habituellement ces contrôles. Mais où se plaindre, ne sommes-nous pas dans un pays de « hogra ». Sur quelle base la police intervient elle donc ? Celle-ci arrive, fait évacuer les lieux et procède à la mise sous scellés. Avant de partir, les policiers expliquent que c'est fermé pour deux mois jusqu'à « la levée des réserves ». Quelles réserves ?
D'après un gérant, la police a procédé à la scellée, même des portes intérieurs ? Y compris celle des toilettes. Mais l'incompréhension est encore plus grande, quand il est demandé de se mettre en conformité. S'il s'agit de faire des travaux pour la levée des réserves, comment les faire dans un établissement sous scellé ? Cela s'apparente bien à des fermetures qui ne disent pas leurs noms.
A ce jour, personne ne sait qui est derrière ces descentes policières. Personne ne sait d'où vient la décision de tuer cet endroit paradisiaque. Certaines indiscrétions parlent de pressions d'islamistes dans la sphère du pouvoir, d'autres parlent même de corruption, les gérants refusant de céder. Dire que notre ministre du tourisme ne cesse ces derrière temps de se démener pour développer le secteur. Il devait faire un saut du côté de La Madrague, histoire de voir ce qui s'y passe.
Par Mus
