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La 3e édition du colloque international sur la gestion de l'eau, organisée par l'école nationale supérieure de l'hydraulique (ENSH), a eu lieu au centre le Grand Bleu à Tipaza. Plusieurs responsables du secteur de l'hydraulique, des chercheurs, des universitaires ainsi que d'anciens ministres, ont été conviés à l'occasion.
Différentes problématiques ont été abordées lors de ce colloque. On citera notamment le problème de la disponibilité de l’eau dans les prochaines années, l’assainissement et de surcroît la qualité de l’eau. Le président du conseil mondial de l’eau, Loïc Fauchon, a surtout mis l’accent lors de son intervention sur les problèmes de l’eau dans le bassin méditerranéen et en Algérie en particulier. Il a soutenu lors de son intervention que « l’Algérie a fait le bon choix et sa politique en matière de ressources en eau est claire ». D’après lui l’Algérie a su exploité à bon escient, les ressources en eau non conventionnelles, comme le dessalement de l’eau de mer, le traitement des eaux saumâtres, le recyclage des eaux usées et le pompage à partir de grandes profondeurs.
Bien que le pays bénéficie d'une bonne pluviométrie ces dernières années, les barrages, les retenues d'eau, les forages existants et les usines de dessalement, ne répondent encore pas aux besoins de la population encore moins de l'agriculture. L'Algérie accuse un retard dans ce domaine et Sellal, le ministre de l'hydraulique, sait bien de quoi il parle quand il a lâché « Le stress hydrique persiste », lors de la mise en service du barrage MAO, dans l'Oranie. Un peu partout en Algérie, d'après la presse, des populations se plaignent de ne voir couler leurs robinets durant des semaines parfois. Et cela se passe en hiver. La résolution du problème de l'eau, passe aussi par la réhabilitation des réseaux d'alimentation en eau potable. Datant, surtout pour les grands centres urbains, de l'époque coloniale, ils ne répondent plus aux besoins, par leur vétusté. Ce qui pose plus problème, c'est leur état de délabrement. Des milliers de mètres cubes d'eau, peut être plus, vont dans la nature chaque jour, à cause des fuites. Non seulement il y a gaspillage malgré la pénurie, mais les réparations, qui ne tiennent pas longtemps d'ailleurs, coûtent chères.
En Kabylie, les villageois continuent presque un demi-siècle après l'indépendance, à s'alimenter à l'ancienne. La plupart des sources et fontaines étant à sec ou polluées (décharges sauvages), il faut aller chercher le précieux liquide à des centaines de mètres parfois. Le barrage Taksebt, près de Tizi Ouzou, ayant une capacité de retenue de 175 millions de m³ était l'espoir des habitants de la région. Mais celui ci va bientôt alimenter Alger et même une partie de la wilaya de Boumerdès. Ce qui inquiète même les tizi ouziens, qui n’ont jamais souffert de problème d'eau. En plus, le barrage, situé dans un site féerique, aux attraits touristiques et hydriques, commence à souffrir de la pollution. En période hivernale, la pluie charrie un tas de détritus, sachets, bidons et bouteilles en plastique. La beauté du site est altérée par des tas de déchets et des centaines de cannettes, qui s'amoncellent. L’inconscience de la population et la passivité des autorités font que les eaux qui s’infiltrent des ordures rejoignent inévitablement l’eau de source. Il est urgent que des décisions même coûteuses, soient prises. Quoi que cela coûtera, il apporte tant à la population et à l'agriculture, et pourrait apporter beaucoup au tourisme.
L'autre problème qui se pose donc dans la région comme partout en Algérie, c'est la pollution de l'eau. La dégradation de l'environnement, les milliers de décharges à ciel ouvert, les rejets industriels ont un impact direct sur la qualité de l'eau. Les maladies à transmission hydrique (MTH) sont d’ailleurs fréquentes. On signale régulièrement des cas de "leptospirose" et des épidémies de Choléra et de fièvre typhoïde.
Pour revenir au colloque, M. Fauchon a mis en exergue l’importance de sensibiliser la population, en particulier les jeunes et les enfants pour la protection de l’eau. Mais avant ça, il y a un grand problème à régler, il faut parvenir à un SMIG environnemental. La sensibilisation doit commencer par ça pour préserver l'eau qui est déjà disponible. Notons enfin, que le mois de mars aura lieu, une réunion du conseil mondiale de l’eau en Turquie.
Par KA et Mus
