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Algérie : liberté d’un culte vs libertés d’incultes

28/06/2008 - Lu 478 fois
Mais voilà, la Constitution ne précise pas que la liberté de culte ne donne pas le droit de transporter des bibles. Elle ne précise pas que les bibles doivent circuler toutes seules, de préférence sans être humain attaché au bout, et surtout pas en groupe, car les attroupements de bibles sont considérés comme suspects.

D’après la Constitution algérienne, l’Islam est religion d’Etat. Cette même Constitution garantit également la liberté de culte. En Algérie, on peut être chrétien, juif ou même athée parmi les musulmans, ça ne pose aucun problème à personne, parfaitement ! Quelle belle preuve de tolérance me direz-vous.

Mais voilà, la Constitution ne précise pas que la liberté de culte ne donne pas le droit de transporter des bibles. Elle ne précise pas que les bibles doivent circuler toutes seules, de préférence sans être humain attaché au bout, et surtout pas en groupe, car les attroupements de bibles sont considérés comme suspects. Elle ne précise pas que les groupes de bibles, malgré leur air angélique, n’aspirent qu’à éloigner les brebis musulmanes du droit chemin de l’Islam pour lui faire prendre la route tortueuse du Christianisme, que ceux qui les regardent dans les yeux trop longtemps risquent d’oublier les cinq piliers pour se diriger vers la Trinité. Elle ne précise pas que la liberté de culte c’est chez soi et en cachette, mais que prier en cachette c’est suspect et donc soumis à conditions. Elle ne précise pas non plus que la liberté de culte peut conduire à la prison. Et pourtant, c’est un véritable exercice de style de faire rimer liberté avec prison…

N’ayant pas trouvé de clause écrite en petits caractères dans la Constitution pouvant expliquer la condamnation à 3 ans d’emprisonnement d’une chrétienne trouvée en possession de bibles (même pas explosives, allons-donc !), j’en ai déduit que la liberté de culte était un simple freestyle écrit dans un moment d’oubli dont personne ne croyait que certains le prendraient au sérieux.

Mais maintenant que j’apprends que la Constitution algérienne, c’est le Coran, tout s’explique. Une interprétation aussi farfelue que celle-là explique bien entendu qu’on emprisonne quelqu’un qui pratique une religion qui n’a pas prouvé qu’elle peut nous faire du mal alors qu’on libère sans état d’âme ceux qui, au nom de la religion officielle et nationale, ont provoqué la mort de 200 000 personnes.

Dans l’ordre des priorités, les problèmes sociaux, le chômage et la misère venant bien plus tard, je trouve très « pouvoir algérien » de vouloir à tout prix faire des exemples parmi les anticonformistes qui ne se revendiquent pas « arabo-musulmans ». Apres des années de traque concernant la première partie de ce mot, on se concentre plutôt sur la seconde partie en ce moment.

Souhaitons donc qu’un jour on ne finisse pas - comble du ridicule - par attaquer le trait d’union (quoiqu’au moment où j’écris ces mots, j’ai la nette impression que c’est déjà fait…).

Par Nanou pour La-Kabylie.Com

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