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ALGERIE : ISLAMISME QUAND TU NOUS TIENS ?

25/06/2008 - Lu 1429 fois
ALGERIE : ISLAMISME QUAND TU NOUS TIENS ? Nous rêvions de tolérance, veulent-ils nous dénier le droit à la différence ?
Nous rêvions d’amour, veulent-ils nous replonger dans la haine ?
Nous rêvions d’une Algérie plurielle, veulent-ils nous replonger dans l’unicité ?
Nous rêvions de liberté, veulent-ils nous remettre les muselières et les œillères ?
Il est venu, nous avons bien voulu croire au miracle, il n’aura peut-être pas lieu.

Cela c’est passé récemment entre Oran et Tiaret, à l’ouest du pays. Une femme, voyageant dans un bus, a été arrêtée par des gendarmes. Elle est algérienne chrétienne, dans son sac ils ont trouvé quelques exemplaires de la bible. Elle a été jugée en même temps que six convertis au  protestantisme à qui il est reproché « la distribution de documents visant à ébranler la foi des musulmans ».

    Il y a quelques mois, le pasteur Johnson qui vivait en Algérie depuis plus de 25 ans a été expulsé pour prosélytisme. Plus récemment, le prêtre Pierre wallez a été condamné à deux mois de prison avec sursis pour prosélytisme et organisation de messes en dehors de l’église.
    Ce n’est pas tout. Les chrétiens algériens sont surveillés, leurs lieux de culte sont fermés (des locaux de fortune)  pour « « absence d’autorisation  ».  Des prêches enflammés, dans certaines mosquées, accusent la Kabylie d’être le fief de l’évangélisation. Je ne vois pas comment, dans un tel climat d’intolérance, les chrétiens réclameraient des terrains pour construire des églises, comme cela se passe pour les mosquées ou encore demander des autorisations. N’est ce pas cette intolérance qui les pousse à ne pas afficher leur foi ?
    Méthodiquement, des débits de boissons sont fermés à travers le pays pour « non respect de la réglementation ». Si c’était  vraiment ça le motif, ne suffirait-il pas de fermetures temporaires ou d’amandes comme cela se faisait jusque là ?

    Revenons à Habiba, cette dame dont le nom a été cité par les six autres prévenus arrêtés quelques semaines avant. D’après le quotidien « El Watan », le procureur de Tiaret lui a demandé de choisir entre la prison et la mosquée. Il a manifesté son mépris pour la religion chrétienne en lui demandant si on lui a fait boire, à l’église, cette eau qui mène au paradis. Il a requis trois ans de prisons fermes pour « ne pas avoir demandé l’autorisation de pratiquer un  culte autre que musulman ». Pourtant, selon la loi, seuls les lieux de cultes sont soumis à autorisation. Mais, notre illuminé de procureur, dont le comportement trahit les convictions personnelles veut aller plus loin. Lui et ses pareils, aimeraient bien que les convertis se fassent connaître pour qu’ils soient fichés, surveillés et peut-être persécutés. Pendant qu’on y est, pourquoi ne pas mentionner la confession sur la carte d’identité ou, encore mieux faire porter des badges aux non musulmans. Notre ministre de l’intérieur a déclaré récemment que cette loi s’applique également au culte musulman. Heureusement, sinon elle serait discriminatoire aux yeux de l’opinion publique. Ce qui importe c’est la réalité et elle est tout autre. A partir du moment où ils n’appellent pas à la violence contre l’état, qu’ils ne complotent pas contre celui-ci, les islamistes peuvent faire des prêches virulents contre les « impies », faire de l’inquisition au quotidien, sans jamais être  inquiétés. Pourtant l’Algérie a bien ratifié le pacte international des droits civils et politiques qui stipule que « toute personne a droit à la liberté de pensée, de conscience et de religion ». Ce pacte est supérieur à la loi algérienne.

    Le comportement du procureur, qui a sûrement reçu des instructions, nous renseigne sur la paranoïa qui s’est emparée de nos gardiens des valeurs arabo-islamiques. Dès qu’un algérien de plus se convertie, ils paniquent, ils redoutent la naissance d’un autre courant de pensée. Ils paniquent tellement, qu’ils veulent  mettre une frontière même pour la foi. Au lieu de s’alarmer de la fuite des fidèles vers une autre religion, ce qui n’est qu’une conséquence de l’image qu’ils donnent de l’islam, ils feraient mieux de s’inquiéter de la fuite des cerveaux vers l’étranger. Mais peut-être qu’ils n’en veulent pas, ils s’en accommodent. Moins il y a d’intellectuels, mieux ça vaut pour eux.       

    A mon humble avis, toute cette «  christianophobie » qui s’est emparée du courant conservateur est préméditée. C’est une diversion pour faire occulter ce qui se trame : l’islamisation du pays. Faire croire qu’il y a danger en la demeure ( La fameuse main de l’étranger, qu’ils sont d’ailleurs les seuls à voir)  pour déclencher un réflexe d’auto- défense et faire accepter les actions qui sont menés. Cette campagne vise à justifier le glissement qui s’opère, sans violence, vers un état théocratique. D’autres, au sein du pouvoir, la tolèrent car elle détourne le peuple de ses vraies préoccupations, des vrais problèmes, des vrais défis, faire oublier, entre autres, les harragas que l’on repêche en mer.  Ce projet a été porté par les islamistes en 1990 et nous connaissons le résultat. Veulent-ils nous ramener à la case de départ ? La leçon n’a-t-elle pas été retenue ? A-t-on donc libéré tous les islamistes,  amnistié ceux qui étaient dans les maquis et nommé un islamiste notoire à tête du gouvernement pour ce faire ?Tout porte à le croire :

    Notre premier ministre a lancé, il y a moins d’un mois, à partir du cœur d’Alger « la caravane des chevaliers du saint Coran ». Nous voilà revenus quinze siècles en arrière grâce aux nostalgiques des foutouhates (conquêtes) islamiques.Cette caravane, menée par des barbus, devait se rendre dans plusieurs grandes villes d’Algérie pour faire quoi ? Si tous les algériens sont musulmans, comme ils le prétendent, pourquoi une telle initiative ? Avant de donner le départ de cette caravane, il a lancé à l’assistance, selon le quotidien « El Watan», que le Coran représente la constitution algérienne. De quoi  faire dresser les cheveux quand on se rappelle que les islamistes du Fis, en 1990,  disaient exactement la même chose «notre constitution c’est le Coran ».

    Ces dernières années, les Zaouias (confréries religieuses) ont été réactivées. On les a fait sortir de l’anonymat pour les présenter, par médias lourds interposés, comme les gardiennes de nos valeurs. Avec la bénédiction de l’état, on leurs organise même un congrès, pour la première fois. Notre Président a même rendu visite à quelques unes d’entres elles, dans leurs fiefs. Faire revivre ces zaouias n’est pas du tout innocent.

    Dans certaines mosquées, des prêches incendiaires qui  nous rappellent les sombres années, reviennent. Les imams ne sont même pas inquiétés. Le leader d’un parti islamiste, soi-disant modéré, n’a-t-il pas demandé, récemment, la levée de l’interdiction des prêches partisans dans les mosquées ?

    La Kabylie, qui a toujours manifesté son opposition à l’islamisme, est laissée pour compte, livrée à elle-même pour l’affaiblir et la rendre docile, l’affamer pour la soumettre. Parallèlement, des imams, des  théologiens de service, tentent de faire croire dans leurs prêches pour les uns et leurs déclarations pour les autres, que la Kabylie s’évangélise, comme si c’était un crime. En fait ils veulent faire croire au reste de l’Algérie que nous sommes des impies, que, de par nos différences, nous sommes un danger pour l’unité nationale.

L’éducation religieuse, matière d’enseignement à l’école, reviens comme une  épreuve au baccalauréat, après une absence de 15 ans environ. Pourquoi donc ?

    Plus récemment encore, le Ministère de L’intérieur a exigé une demande d’autorisation pour aller se recueillir sur les tombes d’Henri Maillot et Maurice Laban, au cimetière chrétien d’Alger. Pourtant ces français se sont battus aux côtés des algériens, sont morts pour l’indépendance de l’Algérie. Mais non ils sont chrétiens. Cela les dérange que les algériens d’après guerre sachent que des chrétiens, tout comme Maurice Audin et bien d’autres, sont morts pour l’Algérie un certain 5 Juin 1955. Ils pensent tout bêtement que cela pourrait les influencer au point d’avoir de la sympathie pour les chrétiens et surtout le christianisme. Se battre pour un pays qui n’est pas le leur ? Je vous le disais bien, ils sont paranos.

    Et juste cette semaine un événement significatif, grave à mon sens, confirma mes soupçons sur la relance des activités des scouts musulmans algériens ( SMA ). Il faut savoir que cette organisation, a été crée durant la colonisation. Cette appellation était juste pour la distinguer des organisations ou associations de colons, comme pour les  clubs sportifs où l’on rajoutait « musulmane ». Ce vendredi les SMA de mon village natal ont organisé une  sortie pour ses adhérents. Parmi eux un neveu âgé d’à peine dix ans. Devinez où ils ont été emmenés, à la mosquée de Tizi-Ouzou ! Pour les initier à la prière, un vendredi où les mosquées débordent et la prière plus longue. Mon frère était dans tous ses états quand il a appris ça. Et ça ce n’est pas du prosélytisme ? A l’insu des parents ! Mes doutes se sont donc confirmés. A travers cette organisation ils veulent embrigader les enfants, les transformer en « bons » musulmans, dociles et amen à tout ce qu’ils disent.

    Et si en Europe on appliquait le principe de la réciprocité ? Si on interdisait tout culte autre que le christianisme ? Si on se mettait à fermer les mosquées et à expulser les imams? Cela ne plairait sûrement pas aux musulmans et leurs réactions seraient violentes, à coup sûr. Mais ils sont ainsi, ils n’admettent pas qu’on bafoue leurs droits alors qu’ils piétinent les droits les plus élémentaires de ceux qui ne sont pas ou refusent d’être comme eux.

    Alors je suis tenté de  poser quelques questions et seul l’avenir nous éclairera :

Qui sont derrière cette campagne anti-évangélisation ?
Pourquoi le président se tait-il ? Son silence n’est-il pas consentement ou alors les choses le dépassent-elles, lui échappent-elles- ?
Le long séjour de Bouteflika en Arabie (plus d’une décennie), après avoir été écarté du pouvoir en 1980, y est t-il pour quelque chose ? L’Arabie l’a-t-elle changé au point de rouler aujourd’hui pour le wahhabisme saoudien ? N’a-t-il pas déclaré, il y a quelques années, qu’il préférait de loin l’islamisme à la démocratie ? Pour ça il a raison, ce n’est pas la démocratie qui l’a ramené au pouvoir. Les conservateurs, bien ancrés dans la sphère du pouvoir depuis deux décennies, se sont-ils ralliés aux islamistes et profitent de l’état du Président pour mettre en place, très vite, les rouages d’un état théocratique et mettre le peuple devant le fait accompli ? Cette alliance islamo-conservatrice, si elle venait à se confirmer, serait des plus dangereuse car, cette fois, contrairement à il y a 18 ans, les islamistes auraient des alliés au sein même du pouvoir et peut-être même au sein de l’armée. Aveuglés par leur soif d’un état à leur mesure, ces alliés  méconnaissent la société qu’ils gouvernent.  

    Des voix conservatrices, à leurs têtes notre premier ministre,  s’élèvent depuis plusieurs mois pour clamer une, «  nécessaire » révision de la constitution. En fait les islamo-conservateurs commencent à paniquer. Si la constitution reste telle quelle, Bouteflika doit partir au terme de son deuxième mandat, en avril 2009. Ils veulent l’amender pour deux raisons : permettre à l’actuel Président de rester encore juste le temps d’achever leur ancrage dans le pouvoir mais surtout créer le poste de vice-président dont rêve notre premier ministre. Ce poste qui lui ouvrira, après le départ de Bouteflika, la présidence et bonjour la république islamique. Or, si ladite révision n’a pas lieu, leur projet d’islamisation ne serait qu’un coup d’épée dans l’eau. Ils paniquent parce que des voix de l’opposition, de la société civile et de personnalités (comme un ancien président) disent « touchez pas à la constitution ». Pour l’instant ils semblent renoncer. Mais moi je sais que ces gens ne renoncent jamais. Que nous préparent-ils donc ? Quel sera le rapport de forces ? Les forces démocratiques l’emporteront-elles pour une fois ou allons nous encore replonger dans la violence ? Le peuple algérien va-t-il se soumettre à cette islamisation qui se profilerait à l’horizon, en douceur, à son insu ?                   

    Ancestralement, les algériens ont toujours manifesté de la tolérance et du respect pour toutes les religions. Avant l’arrivée de l’islam il y avait bien le christianisme. Par la suite n’ont-ils pas accueilli les juifs qui ont fui l’Espagne ? Ne les ont-ils pas protégés quand, durant la seconde guerre mondiale, le régime de Vichy les pourchassait ?

    Le peuple algérien a-il payé un lourd tribut, pour avoir résisté à la vague déferlante islamiste, pour voir un islamisme  recyclé revenir  par une autre porte? Je ne pense pas qu-il puisse oublier ces milliers de morts, de disparus, même si la charte pour la réconciliation nationale de Bouteflika qui a permis à ceux qui ont tués, violés, détruits, rackettés, endeuillés des milliers de familles de renter chez eux, veut qu’il tourne la page, qu’on efface tout. Pourquoi a-t-il consenti tant de sacrifices  s’il doit revenir au projet porté par les islamistes ? Ils ont peut-être dans l’idée de le recycler 15 ans après qu’il ait échoué ? Alors derrière le costume cravate de Bouteflika, tout comme son premier ministre, se cache t-il un islamiste ? Tout porte à le croire et j’espère me tromper, juste pour le bien de mon pays.

Mus. pour La-Kabylie.Com

NB.  

    Ce récit a été écrit quelques jours avant le limogeage de notre premier ministre Il reste d’actualité même si le rapport des forces a, conjoncturellement, changé en faveur des démocrates, républicains, laïcs…. Le Président a subi des pressions, à mon avis, qui l’ont contraint à s’en débarrasser. Le renvoi de notre premier ministre me conforte, en tout cas, dans mes soupçons et mes inquiétudes.

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