- Bonjour.
- Bonjour jeune peuple. Moi c’est Chadli.
- Enchanté.
- Avant de commencer, on pourrait libérer Ben Bella de ce bus ? Merci.
- Tu as l’air bien différent du candidat précédent. Il ne supportait pas l’opposition.
- Je veux bien tolérer officieusement le PAGS.
- Et l’ouverture démocratique ?
- N’exagérons rien.
- Et si je crie ?
- D’accord.
- Et au niveau de l’économie, qu’est-ce que tu comptes faire ?
- Je ne m’y connais pas vraiment. Mais j’ai des amis qui s’y connaissent.
- Neeeeeeeext !
Chadli : « Je pensais bien faire. Mais il est vrai qu’un peuple qui n’a pas de problème n’est pas un peuple. Alors heureusement que l’Algérie n’a pas de problème. »
Le peuple : « Il semblait sincère mais pour gérer un peuple aussi exigeant que moi, il faut être plus crédible, moins crédule et plus capable. Je pourrais ajouter une bonne blague sur notre homme, mais je dirais juste next. »
Chadli peut sans doute être un bon soldat, mais certainement pas un président, car c’est ainsi qu’on laisse la voie libre à tous les opportunistes. L’Algérie l’a vu, et son jugement a été sans appel.
Boudiaf est notre quatrième président. Il a 73 ans, il préfère les briques aux legos et il aime les voyages de longue durée chez les voisins. Ce sauveur des temps modernes fera-t-il mouche auprès de notre peuple ?
- Bonjour ! Je suis le peuple algérien.
- Moi c’est Boudiaf.
- Alors parle-moi de toi. Dis-moi ce que tu aimes dans la vie.
- J’aime l’intégrité. Et je déteste la corruption qui gangrène les systèmes et…
Une voie caverneuse dit : « NEXT ! »
La lumière s’éteint, ce qui est d’autant plus étrange qu’on est en plein jour et en extérieur. Lorsque le jour réapparait, Boudiaf a disparu.
Le peuple : « Je ne l’ai pas vu partir, donc je pense qu’il est à la fois trop tôt et trop tard pour donner un avis. »
Parfois, il vaut mieux rester mystérieux sur ses intentions, sinon on risque d’être évincé du jeu pour non-respect des règles.
Bref. Poursuivons le jeu et laissons place à Zéroual. Liamine a 53 ans, il a fait carrière dans l’armée, a voyagé dans le monde entier, et une fois il a remporté une élection présidentielle avec un parti politique tout neuf. Il a plus d’un tour dans son sac, le peuple lui jouera-t-il un mauvais tour ?
- Bonjour ! Moi c’est le peuple algérien.
- Zéroual.
- Bien. Dis-moi, quelles sont tes priorités ?
- El Mourtazika !
- Comment tu penses t’en débarrasser ?
- Je discute, si ça marche pas, je liquide.
- Et qu’est-ce que tu penses de ce jeu ?
- L’ambiance n’est pas terrible. Si ça ne tenait qu’à moi, je dirais…
- Next !
- Merci.
Zeroual : « Sans commentaires »
Le peuple : « A l’entendre si peu parler, je ne pouvais pas savoir s’il m’écoutait vraiment. C’est aussi son rôle non ? Et puis toutes ses répliques étaient écrites sur des fiches, alors… »
C’est sans regret que Zéroual quitte la partie, s’il avait pu, il aurait lui-même dit next.
A suivre…
Par Nanou, pour La-Kabylie.com