Il s’agit du plus grand salon alimentaire du monde auquel participent 190 pays, avec 5 500 exposants. La participation algérienne, prise en charge à 80% par l’Etat et confiée par le ministère du Commerce à la Foirex Algérie, a permis à 8 exposants du secteur de déployer leurs produits sur une surface de 150 m : Cevital, pour les corps gras et boissons ; les établissements Haddoud, conditionneur et exportateur de Deglet Nour ; la Sarl Casbah de vinaigrerie et mayonnaise ; la Sarl GVC de vinaigrerie de Constantine ; Delicia, qui produit et commercialise les épices et plantes aromatiques ; Afridat, qui conditionne les dattes de Tolga et de Touggourt ; Mazafroid, pour les crèmes glacées et biscuits, et enfin Bio-dattes Algérie, exportateur de dattes biologiques.
Une visite des lieux, deux jours après l’ouverture du salon, à l’occasion de la journée Algérie, nous a permis de voir des produits algériens de très bonne facture et de qualité de conditionnement des plus correctes, même s’il reste à déplorer l’absence de diversité des produits.
Cette visite nous a aussi permis de rencontrer des opérateurs algériens qui espéraient beaucoup de cette participation. Leur espoir était d’autant plus grand, surtout pour les exportateurs de dattes, que la Tunisie, très fortement présente sur le salon, exposait elle aussi ses dattes Deglet Nour de qualité très en deçà de son homonyme originel algérien.
Notre parcours à travers l’espace Algérie nous a aussi permis, pour une fois, de voir que l’animation des stands était des plus dynamiques et les opérateurs n’ont pas manqué d’accompagner leur présence par une documentation très riche sur leurs produits.
Pour compléter le tableau, l’Andi, au travers d’un stand qui lui était dédié et animé par un directeur régional de cet organisme, fournissait sur place toutes les informations nécessaires sur l’investissement en Algérie. Deux ombres au tableau, cependant. D’abord l’absence d’information sur ce salon de la part des autorités algériennes en France.
Les correspondants de la presse algérienne en France ont été informés par Ramdane Rouabal de Foirex International qui nous a fait part de cette manifestation et de l’organisation de la journée Algérie.
A cette journée justement, aucun officiel algérien, en dehors d’un jeune diplomate, alors que l’ambassadeur était annoncé par les organisateurs. On se surprend alors à se demander si les autorités algériennes accordent réellement, comme elles ne cessent de le proclamer, l’intérêt et l’assistance que méritent les actions de diversification des exportations algériennes.
Cette visite nous a laissé aussi un goût amer après notre rencontre, sur place, avec un opérateur algérien qui était en butte au pire de la bureaucratie et qui a failli ne pas prendre part à ce salon.
M. Ounnoughène Madani, gérant du complexe laitier «Pâturages d’Algérie», a vu ses produits, essentiellement des fromages de différentes catégories et de très bonne qualité, refusés, à 48 h de la manifestation, par les services vétérinaires de l’aéroport d’Alger pour «absence de convention d’exportation avec la France pour ce type de produits».
Cet opérateur, qui a présenté toutes les analyses vétérinaires donnant la certification de ses fromages et expliqué à ceux qui lui refusaient la sortie de ses produits que ces derniers n’étaient pas destinés à la vente mais à une simple exposition, s’est «heurté à un mur». Il a dû ramener ses boîtes par ses propres moyens, dans des valises, et prendre part, malgré tout, à cette manifestation au cours de laquelle des opérateurs américains se sont déjà portés acquéreurs de la production «Pâturages d’Algérie».
K.-B-.A.
Source : Le soir d'Algérie