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Caucase : Cheney en renfort, l’Ukraine vacille

04/09/2008 - Lu 484 fois
Caucase : Cheney en renfort, l’Ukraine vacille La crise du Caucase semble se «métastaser» vers les anciennes républiques de l’ex-Union soviétique. Les Américains jettent tout leur poids dans les Etats transcaucasiens, avec la tournée entamée hier du vice-président Dick Cheney, à partir de l’Azerbaïdjan. Les Russes, quant à eux, jouent à fond la carte de l’antagonisme ukrainien entre prooccidentaux et prorusses.

Hier, le président Viktor Iouchtchenko a annoncé le retrait de son parti de la coalition gouvernementale ; en même temps, il a accusé le Parlement de vouloir fomenter un coup d’Etat contre lui. Les protagonistes directs du conflit ont pour leur part annoncé la fermeture de leurs ambassades respectives à Moscou et à Tbilissi.

C’est désormais officiel, l’ambassade de Russie à Tbilissi et celle de la Géorgie à Moscou ont cessé leurs activités à la suite de la rupture des relations diplomatiques entre les deux pays. «Depuis mardi, l’ambassade de Russie en Géorgie ne fonctionne plus. La section consulaire est également fermée en attendant des ordres de Moscou», a déclaré l’attaché de presse de l’ambassade, Alexander Savonov.

A Moscou, le chargé d’affaires géorgien, Givi Chougarov, a également annoncé la cessation des activités de la mission diplomatique géorgienne. «A partir de maintenant, notre ambassade cesse ses activités diplomatiques», a dit Givi Chougarov, tout en précisant que «le consulat de Géorgie continue à travailler comme d’habitude».

Et c’est l’escalade qui est à craindre dans les prochains jours, à la lumière de la polarisation à l’extrême qui prévaut dans le traitement de cette crise. Les Américains qui font cause commune avec la Géorgie, tentent de consolider une coalition antirusse dans le voisinage direct de la Russie. Depuis hier, le vice-président américain est dans la région. Dick Cheney a entamé sa tournée à Bakou en Azerbaïdjan avant de se rendre dans la capitale géorgienne Tbilissi et à Kiev en Ukraine, et de terminer sa tournée en Italie où siège le commandement sud de l’Otan. De plus, ces pays anciennement soviétiques ont un atout majeur qui pèse sur la démarche de Cheney, ancien patron de la compagnie Haliburton. Il s’agit des hydrocarbures. L’Azerbaïdjan est un gros producteur de pétrole dans la Caspienne, et c’est de Bakou que démarre l’oléoduc BTC qui achemine le pétrole azéri vers le port turc de Ceyhan en Méditerranée, via le territoire géorgien. Quant à l’Ukraine, son territoire est le point de passage obligé des pipes russes vers l’Europe occidentale, d’où son importance dans la carte des hydrocarbures en Europe, comme verrou possible à la puissance pétrolière et gazière russe.

Et c’est en Ukraine justement qu’un nouveau front dans le conflit entre la Russie et «l’occident» a été ouvert. Le parti du président Viktor Iouchtchenko a quitté la coalition gouvernementale dite «prooccidentale». Cette décision a été prise en réponse à l’adoption mardi soir par le Parlement d’une série de lois facilitant la procédure de destitution du président, et affaiblissant les pouvoirs de ce dernier au profit de ceux du gouvernement, votés par le bloc de la Premier ministre Ioulia Timochenko et l’opposition prorusse. Autre signe de scission, les prooccidentaux ont échoué à adopter une résolution conjointe sur le conflit armé entre la Géorgie et la Russie voisine. «De facto, le Parti des régions (principale force prorusse) et le bloc Timochenko ont déjà créé une nouvelle coalition», a constaté un député proprésidentiel, Iouri Kostenko, dans un communiqué.

Cette crise politique fragilise un pays qui comptait, avec la Géorgie, intégrer l’Alliance atlantique dans les plus brefs délais. Mais le conflit au Caucase a permis aux Russes de repositionner leurs pions dans cet échiquier est-européen, refusant catégoriquement l’extension de l’Otan vers son «étranger proche».

Le président russe l’a répété en des termes très virulents, en affirmant que le président géorgien, allié des Américains, est mort politiquement. «Il est temps que nos partenaires américains revoient leurs relations avec le régime (géorgien) actuel, car il (...) a causé une déstabilisation grave et a lancé une agression qui s’est soldée par beaucoup de morts», a dit Dmitri Medvedev dans une interview retransmise à la télévision russe. «Le président Saakachvili n’existe plus pour nous. Il est un «cadavre politique», a déclaré le successeur de Vladimir Poutine.

M. K.
Source : Le jeune Indépendant

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