Hier matin, trois autres bombes ont été désamorsées et une trentaine de personnes ont été interpellées, selon le commissariat. Ces attentats ont été revendiqués par les moudjahidine indiens par email. Depuis quelques mois, ce groupe d’islamistes commence à se faire connaître à travers ses attentats multiples. En mai, il avait commis une série d’attentats à Jaïpur. La police a annoncé avoir procédé à plusieurs arrestations, selon l’agence Press Trust of India, après avoir mené des raids dans la nuit, notamment dans une maison des environs de Bombay d’où pourrait avoir été envoyé le courrier électronique revendiquant les attaques. Samedi soir, la première vague d’attentats s’est produite près d’un marché et la deuxième près d’un hôpital. Par peur d’autres d’attaques, le gouvernement indien a vite réagi par la voix du gouverneur de l’Etat du Gujarat, Narenda Modi : « Je condamne ce que je considère comme un crime contre l’humanité.
Ces attaques étaient probablement l’œuvre d’un ou de plusieurs groupes qui utilisent un modus operandi similaire dans tout le pays. » Les autorités craignent plus que tout un nouvel affrontement entre les communautés hindoue et musulmane comme en 2002. Cette année là, des émeutes violentes avaient causé la mort de plus d’un millier de personnes, pour la plupart des musulmans. La ville de Ahamdabad semblait plutôt calme, hier, selon l’AFP. Nombre de policiers et de militaires y patrouillaient afin de prévenir toute tentative de représailles à l’encontre des musulmans, suite à la revendication du groupe islamiste. « La colère pourrait éclater une fois que les corps auront été rendus aux familles pour la crémation », a déclaré un responsable de l’armée souhaitant conserver l’anonymat. L’appel au calme est donc lancé dans chaque communiqué d’un membre du gouvernement qui, pour eux, demeure la priorité actuelle. Une vision confirmée par le ministre fédéral de l’Intérieur, Shivraj Patil Delhi : « Les éléments œuvrant contre la nation tentent de semer la panique parmi la population de notre pays. Les explosions d’aujourd’hui à Ahmadabad semblent relever de cette stratégie », a-t-il déclaré devant la presse indienne. Les dirigeants indiens ont en ligne de mire leur frère ennemi de toujours, le Pakistan. Cependant, ce dernier a toujours rejeté ces accusations. Quelques jours avant ces événements, l’Inde avait expliqué que le processus de paix avec le Pakistan était sous tension. Selon New Delhi, Ismalabad a une part active dans l’attentat du 7 juillet contre son ambassade afghane qui a fait plus de 41 morts.
Emilie Marche
Source : El Watan